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Trois ans après avoir été examinée dans sa province natale du Xinjiang, en Chine continentale, par un ophtalmologue taiwanais, une jeune Ouïgoure du nom d’Adila Azhati, devenue presque aveugle à la suite de brûlures chimiques, sera enfin opérée à l’hôpital Chang Gung, à Taipei.
Alors qu’il était en vacances à Ürümqi, Tsai Juei-feng, le directeur du département d’ophtalmologie de l’hôpital Chang Gung, avait examiné Adila, dont l’œil gauche était grièvement atteint, dans les locaux de l’Orbis Flying Eyes Hospital. Il avait alors décidé de procéder à une autogreffe de cellules extraites de la limbe de la conjonctive de son œil droit alors encore suffisamment sain, une opération qui ne pouvait être réalisée sur place.
Des obstacles politiques et bureaucratiques ont malheureusement jusqu’ici empêché la jeune patiente d’entreprendre le voyage de Taiwan pour subir l’opération nécessaire, et son cas s’est détérioré. L’autogreffe n’est plus possible, a expliqué le professeur Tsai, qui s’apprête à procéder à une allogreffe de cellules prélevées sur le père d’Adila, venu l’accompagner. Les chances de réussite de ce genre de greffe sont de 70%, estime-t-il.
C’est grâce à l’Orbis Flying Eyes Hospital – une organisation caritative internationale basée aux Etats-Unis qui finance des missions ophtalmologiques dans les pays en voie de développement –, à l’office de la Santé publique, à l’hôpital Chang Gung et à la Fondation des échanges entre les deux rives [Taiwan] qu’Adila pourra enfin être soignée, a souligné le professeur Tsai, laissant entendre que ces trois années d’attente auraient pu être évitées avec un peu de bonne volonté de la part des autorités continentales.
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