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S’adressant hier aux centaines de gens d’affaires taiwanais réunis à Taipei pour la conférence annuelle de la Chambre de commerce taiwanaise en Asie, le président de la République, Chen Shui-bian, a lancé un appel très clair à la prudence vis-à-vis de la Chine continentale et à la réorientation des investissements vers d’autres pays de l’Asie du Sud-Est. Taiwan doit abandonner ses attentes irréalistes envers la Chine, a-t-il déclaré, pour « suivre sa propre voie ».
« Faire fortune outre-mer, c’est bien, a-t-il dit aux investisseurs taiwanais venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande et de huit pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Amérique latine, mais la sécurité nationale de Taiwan doit être considérée comme prioritaire et l’intérêt public doit être mis au premier rang. » En effet, « sans Taiwan elle-même, il n’y aurait pas de milieux d’affaires taiwanais, alors que si Taiwan devient forte, ceux-ci auront un avenir sur la scène internationale », a-t-il déclaré.
« Il faut que les milieux d’affaires taiwanais élaborent une stratégie mondiale », et les pouvoirs publics leur viendront en aide pour intensifier les investissements dans les pays de la région, a-t-il poursuivi.
La semaine dernière, jugeant le rapprochement diplomatique entre Pékin et Nauru, un ancien allié diplomatique de Taipei, comme un signe d’agressivité de la part des autorités continentales, le président Chen Shui-bian avait déjà averti que Taiwan pourrait choisir « suivre sa propre voie ».
Le gouvernement est partagé entre la volonté d’alléger la dépendance économique de Taiwan envers le continent, qui attire des milliards d’EUR de capitaux taiwanais, en incitant les industriels à cibler d’autres pays de la région, et la nécessité d’encadrer, puisqu’il ne peut plus le contenir, un irrépressible mouvement de délocalisations et d’investissements en Chine continentale.
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