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Etoffant les critiques formulées lundi par l’office des Affaires taiwanaises de Pékin à l’encontre de Chen Shui-bian, c’est Ma Man-kei, le vice-président de la Conférence consultative politique nationale, qui a commenté lundi soir les propos du président de la République de Chine, avertissant que ceux-ci « nuiront sans aucun doute aux relations entre les deux rives ».
« Chen [Shui-bian] met en gage le bonheur des plus de 20 millions de compatriotes de Taiwan et cherche à les entraîner sur la route de l’angoisse », a poursuivi le haut responsable chinois, dans une déclaration reprise par l’agence officielle Xinhua.
Les observateurs s’accordent toutefois pour dire que Pékin a peu de marge de manœuvre pour se livrer à des représailles autre que verbales. Une démonstration de force telle que celle qui a par exemple été organisée en 1996 – des tirs de missiles ont été effectués au large de Taiwan à l'approche des élections présidentielles – semble exclue. En 1996, en effet, les Etats-Unis avaient promptement réagi en envoyant une flotte patrouiller dans la région.
Une réédition de cet épisode ne pourrait qu’être contre-productive, estiment la plupart des experts, car elle éloignerait un peu plus encore la population taiwanaise de la Chine continentale et aurait des effets négatifs sur les échanges économiques entre les deux rives. Il est vraisemblable que Pékin, ayant abandonné tout espoir de faire échec à Chen Shui-bian, rongera plutôt son frein, comptant sur une intégration économique progressive et en douceur de Taiwan avec la Chine continentale.
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