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L’ancien président de la République Lee Teng-hui a reconnu hier lors d’une interview télévisée avoir été membre du Parti communiste chinois (PCC) vers la fin des années 40, précisant que c’était sa haine du gouvernement Kuomintang (KMT) de l’époque qui l’avait motivé et qu’il est aujourd’hui fermement opposé à la doctrine communiste.
C’est la première fois que Lee Teng-hui ajoute foi aux allégations dont il a maintes fois fait l’objet par le passé selon lesquelles il aurait adhéré à l’idéologie communiste dans sa jeunesse. Il y a quelques années par exemple, alors qu’il était président de la République et du KMT, une vieille carte de membre du PCC portant son nom avait été présentée à la presse comme la sienne – théorie qu’il avait réfutée en expliquant qu’il y avait au moins dix-huit personnes portant le même nom que lui à Taiwan.
Les déclarations explosives d’hier suivent les révélations publiées hier, dans un quotidien local, de Wu Ke-tai, un ancien responsable du Parti communiste. Né à Ilan en 1925 dans une famille pauvre, Wu Ke-tai explique qu’étant jeune, il s’était insurgé contre l’oppression dont était victime la population taiwanaise sous le régime japonais et que son nationalisme l’avait poussé à rejoindre le Parti communiste à Shanghai en 1945. Revenu à Taiwan en 1946, il s’était lancé dans les activités politiques clandestines contre le Kuomintang. C’est à cette époque qu’il avait fait connaissance de Lee Teng-hui, dit-il. Il ne l’avait pas revu jusqu’à une entrevue chez l’ancien président en mars dernier à Taipei.
Lee Teng-hui a pour sa part révélé avoir adhéré au PCC en 1946, à une époque où le marxisme était à la mode parmi les étudiants, pour s’en retirer une première fois en août 1947. Il avait réintégré le parti clandestin deux mois plus tard pour le quitter définitivement au printemps suivant. C’est sa haine du régime Kuomintang d’alors qui l’avait poussé à s’engager dans cette voie, a-t-il expliqué, faisant allusion à la Terreur blanche qui a fait des milliers de victimes parmi la population taiwanaise de souche à la fin des années 40.
L’ancien président raconte que la pression des événements l’avait poussé à se dénoncer au gouvernement en 1950 comme ancien membre du PCC et qu’il avait été placé sous surveillance pendant plusieurs années. Par la suite, il était rentré au Kuomintang grâce aux recommandations d’amis taiwanais et continentaux.
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