Le Kuomintang domine les élections des chefs de quartier à Taipei
Lundi 6 janvier 2003
Un candidat fête sa victoire avec une salve de pétards.
CNA

Le premier samedi de l’année a été marqué par une élection attendue de longue date à Taipei : celle des chefs de quartier, qui avait été repoussée de six mois par le maire de la capitale, celui-ci souhaitant redécouper la carte électorale qu’il jugeait déséquilibrée.

Dans cette élection qui a vu un total de 1 384 candidats s’affronter pour les 449 postes à pourvoir, le Kuomintang a conservé sa domination traditionnelle, obtenant 264 quartiers, avec près de 59% des suffrages, alors que le Parti démocrate-progressiste au pouvoir réalisait un score médiocre de 8,8% et remportait 40 postes seulement. Les candidats sans étiquette ont quant à eux obtenu 142 postes, le Parti pour le peuple 2 et le Nouveau parti 1.

L’autre élément statistique notable de cette élection locale est la participation très faible de la population : moins de 38% des 1,9 million d’électeurs de la capitale ont placé un bulletin dans l’urne – signe d’un désintérêt marqué, s’accompagnant d’une méconnaissance des responsabilités attachées à la fonction de chef de quartier, notamment parmi la population ayant le plus haut niveau d’éducation.

Les chefs de quartier ont pour tâches principales l’assistance des habitants dans leurs démarches administratives et le maintien de l’environnement. Ils ont également un rôle politique non négligeable puisqu’ils servent traditionnellement aux grands partis de « rabatteurs » lors des grandes consultations électorales, une mission facilitée par leur bonne connaissance des habitants du voisinage.

Ces élus, n’ayant pour certains obtenu leur position qu’avec quelques centaines de suffrages et sans avoir de rival, sont grassement rémunérés : outre un salaire mensuel de 45 000 TWD (1 EUR = 36,27 TWD) pour ces fonctions pouvant être cumulées avec un emploi à plein temps, ils ont à leur disposition une manne de subventions pour payer les charges de leur propre bureau et financer les travaux publics dans leur arrondissement.

Cette position-clé tant au niveau politique qu’économique – les chefs de quartier participent à l’attribution des grands chantiers – en fait des personnes plus vulnérables à la corruption, alors qu’ils assument leurs fonctions dans l’indifférence générale.

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