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Alors que le Kuomintang (KMT) et le Parti pour le peuple (PFP) s’affairent à leurs propres commémorations de la mort de Chiang Ching-kuo il y a quinze ans aujourd’hui, certains commentateurs politiques soulignent la difficulté pour l’opposition de gérer l’héritage du passé.
Chiang Ching-kuo, le fils de Tchang Kaï-chek, a pris sa succession en 1975 pour diriger le Kuomintang et le pays jusqu’à sa mort en 1988. Le camp pan-bleu le crédite de la révolution industrielle à Taiwan et des premiers pas vers la « taiwanisation » des élites et la démocratisation.
Ainsi, au KMT, le maire de Taipei, Ma Ying-jeou, qui fut le secrétaire du dirigeant disparu, a fait un discours sur le sujet mercredi dernier, tandis que Lien Chan, l’actuel président du parti, a rédigé un article de 4 000 mots qui est publié dans la presse insulaire aujourd’hui. Le PFP n’est pas en reste puisque, entre autres manifestations, son président James Soong a animé samedi dernier une conférence sur les années Chiang Ching-kuo.
Or, remarque par exemple Chin Heng-wei, le rédacteur en chef de la revue Contemporary Monthly, il y a plus, dans tout cela, que le seul désir de commémoration. « En disant que Chiang Ching-kuo est son leader spirituel et son icône, le KMT essaie de couper les liens avec Lee Teng-hui et aussi de le contrer lorsque celui-ci affirme être le véritable héritier des idéaux de Chiang », dit cet observateur de la vie politique insulaire.
De récentes escarmouches ont à nouveau opposé Lee Teng-hui – le successeur de Chiang Ching-kuo – au KMT qu’il a dirigé pendant douze ans, avant d’en être exclu avec fracas à la suite des présidentielles de 2000. Lee Teng-hui accuse le KMT d’avoir évolué en parti totalitaire. Les instances dirigeantes du KMT ont quant à elles fait part de leur volonté d’effacer toute trace du passage de Lee Teng-hui dans le parti, d’où la nécessité de reprendre Chiang Ching-kuo comme modèle.
La question est maintenant de savoir qui, de Lien Chan, au KMT, ou de James Soong, au PFP, est le véritable fils spirituel du dirigeant disparu, une question qui prend une acuité particulière dans le contexte d’alliance théorique du camp pan-bleu à l’approche des élections présidentielles de début 2004.
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