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La direction du Parti pour le peuple (PFP) est montée au créneau hier pour tenter de désamorcer une véritable bombe médiatique qui menace son président et fondateur, James Soong, à quelques mois des élections présidentielles. En effet, un livre de Roland Dumas paru samedi dernier en France implique dans l’affaire des frégates « le secrétariat général du parti au pouvoir » à Taiwan à l’époque – et c’est James Soong qui a occupé la fonction de secrétaire général du Kuomintang de mai 1989 à mars 1993.
Dans un ouvrage intitulé L’épreuve, les preuves, l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand donne quelques précisions sur les affaires pour lesquelles il a été poursuivi – et relaxé le 24 janvier –, notamment celle concernant la vente de frégates Lafayette à l’armée taiwanaise au début des années 90, qui se serait soldée par la mort de plusieurs personnes, dont le capitaine Yin Ching-feng, assassiné alors qu’il s’apprêtait à faire des révélations.
Taiwan a acheté six frégates Lafayette à la France en 1991 pour 2,8 milliards d’USD. Roland Dumas affirme qu’un total de 500 millions d’USD a été versé en commissions occultes, réparties entre Taiwan et la Chine communiste : 100 millions pour le Parti communiste chinois et 400 millions pour le secrétaire général du Kuomintang.
Non seulement James Soong a toujours nié avoir pris une quelconque part aux tractations concernant les frégates, s’est empressé de rappeler Daniel Huang, le porte-parole du PFP, mais il a même demandé que toute la vérité soit faite sur cette affaire au cours de la dernière campagne présidentielle.
En ce temps-là, ajoute Hsieh Kung-ping, le secrétaire général du PFP, il n’existait pas de frontière claire entre le gouvernement et le parti au pouvoir, et il peut y avoir eu une confusion dans l’esprit de Roland Dumas entre les trois organes-clés qu’étaient le secrétariat général du Kuomintang, le secrétariat général de l’office de la présidence de la République (alors dirigé par Tsiang Yen-si, aujourd’hui décédé) et le secrétariat général du Yuan exécutif (alors dirigé par Wang Chou-ming, aujourd’hui directeur d’une société de télécommunication).
Hsieh Kung-ping appelle Roland Dumas à désigner par leur nom les personnes qu’il accuse afin d’« éviter aux innocents de voir leur réputation salie ». Selon Hsieh Tsung-min, un ancien conseiller du président Chen Shui-bian, le politicien français aurait en sa possession une liste nominale de tous les acteurs de ce scandale, tant à Taipei qu’à Pékin.
Dans le camp du Parti démocrate-progressiste au pouvoir, on raille la ligne de défense adoptée par James Soong : il est peu probable, pense le député Chen Ching-chun, qu’un ministre des Affaires étrangères français n’ait pas une bonne compréhension du système politique de Taiwan. Ces soupçons de corruption, poursuit le député, s’ajoutent à d’autres accusations de détournements de fonds auxquelles le président du PFP n’a jamais apporté de réponse convaincante.
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