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Depuis quelques jours, l’affaire des frégates Lafayette semble, à titres divers, ne plus devoir quitter le devant de la scène taiwanaise, le gouvernement ayant annoncé cette fois-ci qu’il offrait une forte prime à toute personne qui communiquerait à la justice des éléments nouveaux sur les divers volets du scandale.
Le ministre de la Défense Tang Yiau-ming a déclaré hier qu’une récompense de 100 millions de TWD serait offerte à ceux dont le témoignage contribuerait à dévoiler les dessous de cette affaire qui empoisonne la vie politique taiwanaise depuis plus de dix ans. Le ministre a suggéré que les témoins, outre la prime, pourraient bénéficier d’une immunité, ainsi que d’une protection policière.
Cette initiative aurait reçu l’aval des procureurs militaires en charge de l’affaire, du chef de l’Etat et également du Premier ministre, selon Tang Yiau-ming qui a précisé aux députés de la commission de défense qui l’interrogeaient hier qu’il s’agissait là du meilleur moyen de relancer l’enquête.
Des législateurs dans l’opposition se sont cependant élevés contre cette mesure qu’ils jugent « irréfléchie et illégale », évoquant les complications judiciaires, puisque cette affaire concerne aussi un meurtre et pas seulement des pots-de-vin.
L’un d’entre eux s’est demandé si cette amnistie n’avait pas été taillée sur mesure pour le principal acteur du scandale, le marchand d’armes Andrew Wang, qui est en cavale et sur les comptes duquel, en Suisse, reposeraient des sommes énormes bloquées pour le moment par la justice de ce pays.
« Proposer 100 millions de TWD pour retrouver 2 milliards, qui gagne le plus ? », a rétorqué Tang Yiau-ming pour faire montrer qu’en fin de compte, Taiwan, l’Etat et la justice seraient les principaux bénéficiaires.
Le scandale porte notamment sur une énorme commission occulte qui a été versée lors de l’achat à la France en 1991 de six frégates Lafayette et sur l’assassinat d’un officier taiwanais qui s’apprêtait à dévoiler les dessous sordides de l’affaire.
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