 |
|
Malgré le succès évident des mesures qu’il a mises en place pour décourager l’usage des sacs en plastique, celui-ci ayant diminué de 90% depuis le début de l’année, Hau Lung-bin, le directeur général de l’office de la Protection de l’environnement (EPA), est la cible d’attaques politiciennes venant de la majorité comme de l’opposition.
Depuis le 1er janvier, les commerçants et restaurateurs ont l’interdiction de distribuer gratuitement sacs, récipients et couverts en plastique sous peine d’une amende pouvant aller de 60 000 TWD à 300 000 TWD (1 EUR = 37,81 TWD). Ils sont appelés à utiliser en remplacement des articles réutilisables ou non nocifs pour l’environnement. La mesure et les amendes élevées qui l’accompagnent ont déclenché de virulentes protestations parmi les industriels et employés du plastique, qui prédisent la perte de 50 000 emplois.
Les attaques contre Hau Lung-bin se sont faites plus politiciennes et personnelles hier avec l’accusation de « favoriser les produits fabriqués en Chine » formulée par Liao Ben-yan, un député de l’Union solidarité Taiwan (TSU). Le directeur de l’EPA est le seul membre du gouvernement à appartenir au Nouveau Parti, une formation qui se place sur l’échiquier politique du côté des partisans de la réunification.
Etalant devant lui des piles de gobelets en papier fabriqués en Chine, Liao Ben-yao a demandé à Hau Lung-bin s’il avait des mesures d’accompagnement à proposer pour résorber le chômage à Taiwan. « Vous voyez ? Ce que nous avons maintenant, ce sont des verres en papier de qualité inférieure provenant de Chine. Est-ce que vous êtes en faveur des produits fabriqués en Chine ? »
Le député est allé plus loin, insinuant que Hau Lung-bin cherche délibérément à aggraver la courbe du chômage pour faire perdre les prochaines élections présidentielles au Parti démocrate-progressiste (DPP), la formation au pouvoir.
Les pressions ne viennent pas que du TSU, puisque les trois grandes formations – le Kuomintang et le Parti pour le peuple dans l’opposition, et le DPP – souhaitent toutes trois assouplir la législation concernant l’usage des sacs et ustensiles jetables pour ramener les amendes dans une fourchette allant de 1 200 à 6 000 TWD seulement, soit 1/50e de leur niveau actuel.
Reconnaissant qu’elle n’était peut-être pas parfaite, Hau Lung-bin a défendu sa politique en expliquant qu’elle a surtout pour objectif d’apprendre aux Taiwanais à modifier leurs habitudes de consommation polluantes. La quasi-totalité des gens qui font leurs courses dans les supermarchés – qui n’offrent plus de sacs en plastique gratuits – se munissent désormais de leurs propres cabas à provisions, a-t-il constaté avec satisfaction.
|