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A l’approche des élections présidentielles de 2004, la question du vote des électeurs habitant outre-mer refait surface. La dimension de politique intérieure masque un débat plus profond, à savoir le poids des suffrages d’une vaste communauté d’affaires taiwanaise installée en Chine et les répercussions sur le résultat des élections de la politique continentale du gouvernement.
Donnant un tour nouveau à la discussion, le groupe parlementaire du Kuomintang (KMT) a suggéré hier d’affréter des avions nolisés faisant des allers-retours directs entre le continent et Taiwan pour permettre aux électeurs taiwanais qui vivent et travaillent en Chine – ils seraient 500 000 selon les estimations du KMT – de revenir dans l’île mettre leur bulletin dans l’urne en mars prochain. Le modèle semble être celui des vols charters entre Shanghai et Taipei exclusivement réservés aux Taiwanais qui ont été organisés au moment des fêtes du Nouvel An chinois il y a quelques mois.
Cette suggestion, explique Lee Chuan-chiao, député du KMT, est motivée par le veto du Parti démocrate-progressiste (DPP) aux propositions de l’opposition concernant le vote par courrier électronique.
Chen Chi-mai, chef de file du groupe parlementaire du DPP, réitère la position de sa formation, à savoir que cette solution nécessite une modification de la Constitution. Il fustige surtout la proposition « fantasque » de vols charters qui « mélange les élections avec la question des trois liens », c’est-à-dire des liaisons de transport directes entre Taiwan et la Chine.
Pour sa part, l’Union solidarité Taiwan (TSU) pose indirectement la question du patriotisme des Taiwanais basés en Chine, rappelant que certains d’entre eux possèdent deux passeports, l’un de la République de Chine, l’autre de la République populaire de Chine. Pékin a récemment mis en place une série de mesures destinées à forcer les Taiwanais installés en Chine à choisir entre la nationalité taiwanaise et la nationalité chinoise.
Cheng Jhen-long, du TSU, affirme que sa formation est favorable au scrutin par courrier électronique, mais accuse l’alliance pan-bleue, dans l’opposition, de vouloir « acheter » les votes des gens d’affaires taiwanais basés en Chine avec ces vols nolisés. Dans leur majorité, affirme-t-il, les Taiwanais installés sur le continent soutiennent d’ailleurs l’alliance pan-bleue.
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