 |
|
Quelques milliers de partisans de la réunification se sont rassemblés hier au Mémorial Sun Yat-sen, une manifestation organisée à la hâte en réaction à une grande marche des indépendantistes, samedi, sur le thème de la modification de l’appellation officielle du pays.
Les manifestants de dimanche ont agité des banderoles appelant à « opposer l’indépendance, sauver Taiwan ». Ils ont applaudi aux propos du metteur en scène de l’événement, l’ex-député du Nouveau Parti Elmer Fung. La République de Chine est l’un des signataires de la Charte des Nations unies, leur a rappelé celui-ci, pour en déduire que son existence est garantie tant que l’organisation mondiale elle-même continuera de fonctionner. Chiang Fang Chih-yi, la bru de Chiang Ching-kuo, a elle aussi pris la parole pour fustiger les « ennemis de l’Etat » qui voudraient affirmer le contraire.
Samedi, lors de la manifestation organisée par l’Alliance pour la rectification du nom de Taiwan, l’ancien président Lee Teng-hui avait affirmé que la République de Chine n’a plus de territoire depuis l’avènement sur le continent de la république populaire de Chine en 1949. Elle a finalement cessé d’exister, avait-il poursuivi, lorsque son siège aux Nations unies a été donné à Pékin en 1971.
« La terre occupée par la République de Chine appartient en réalité au peuple taiwanais, avait conclu Lee Teng-hui. Je suis persuadé qu’un jour nous pourront clamer le nom de notre pays : Taiwan. »
Si le défilé de samedi, résultat d’un minutieux travail de préparation, a rassemblé selon certains observateurs jusqu’à 100 000 personnes acheminées par autocar depuis toutes les régions de l’île, le rassemblement de dimanche était nettement moins important, les estimations plaçant entre 3 000 et 10 000 le nombre des manifestants selon l’heure de la journée.
Ces chiffres ne reflètent pas nécessairement une tendance forte au plan national, s’accordent pour dire les observateurs politiques, rappelant que les sondages d’opinion montrent invariablement que les insulaires sont dans leur majorité favorables à un prudent statu quo – ni indépendance, ni réunification.
Conscient de cette tendance profonde dans la population insulaire et soucieux de marquer sa réserve de chef d’Etat, le président Chen Shui-bian, lui-même de sensibilité indépendantiste, n’a pas participé à la manifestation de samedi. Tout en se disant solidaire de ceux qui réclament le changement de nom du pays, il a réitéré sa position, à savoir que l’Etat dont il est le président s’appelle la République de Chine.
|