Une petite commune du <i>hsien</i> de Taipei ranime le débat sur les référendums
 

Une petite commune du hsien de Taipei ranime le débat sur les référendums
Lundi 15 septembre 2003

Pinglin aura-t-elle sa rampe d’accès à l’autoroute en voie d’achèvement entre Taipei et Ilan ? Rien n’est moins sûr. Bien que les habitants de la petite commune se soient prononcés à une écrasante majorité pour cette option, celle-ci rencontre l’opposition de l’office de la Protection de l’environnement (EPA).

L’EPA pense en effet que la rampe d’accès, si elle était ouverte à tous les usagers plutôt qu’aux seuls véhicules d’entretien, serait une source de pollution pour la rivière voisine qui alimente la retenue de Feitsui, l’un des réservoirs d’eau potable de la capitale.

En réalité, au-delà des considérations pratiques ou environnementales, c’est une question politique difficile à résoudre que pose la consultation de ce week-end.

Le mot « référendum » a fleuri dans le discours politique de la majorité présidentielle il y a quelques années déjà, mais accompagné de promesses et de précautions oratoires particulières, dans la mesure où il est perçu, en Chine, comme un danger, voire comme un défi. Donnez la parole aux électeurs taiwanais, pensent les autorités de Pékin, et ils se prononceront pour l’indépendance.

Quoi qu’il en soit, l’idée d’organiser des consultations populaires sur des questions d’intérêt national ou local a fait son chemin, même si aucun texte de loi ne les autorise encore. Une proposition dans ce sens, rejetée à la session parlementaire précédente, doit être examinée à nouveau.

Pour autant, faut-il donner la parole aux citoyens à n’importe quel propos, et surtout faut-il obtempérer à leur moindre exigence ? Ma Ying-jeou, le maire de Taipei, vitupère contre les élus locaux de Pinglin et met en garde contre les désordres qu’entraîne ce genre de comportement. « Le référendum consultatif de Pinglin n’est qu’un début, dit-il. Si nous n’élaborons pas des lois qui définissent les référendums nationaux et régionaux, ce sera le chaos. »

Reprenant les déclarations du ministère de l’Intérieur, le maire de Taipei souligne en outre que ce « référendum » n’a légalement pas plus de portée qu’un sondage d’opinion. Effectivement, confirme Yu Shyi-kun, le Premier ministre, la construction d’une autoroute nationale n’étant pas de la compétence des autorités régionales, elles ne peuvent intervenir sur le tracé en invoquant les résultats d’une consultation au niveau régional.

Ainsi, bien qu’ayant commencé par saluer la décision des habitants de Pinglin de prendre leur destin en main et de s’exprimer sur un sujet qui les touche au premier chef, le porte-parole du gouvernement, Lee Chia-lung, a lui aussi noté que le scrutin de ce week-end n’était bien entendu que consultatif, et que les opinions des experts de l’EPA prévaudraient.

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