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Les présidentielles de 2004 approchant à grands pas, les diverses formations en présence s’intéressent de très près à une partie de l’électorat qui pourrait faire basculer le scrutin du fait de sa taille : ne serait-ce qu’en Chine continentale, il y aurait au bas mot 500 000 gens d’affaires taiwanais (les estimations varient du simple au double), souvent accompagnés de leur famille. On en dénombrerait au moins autant disséminés de par le monde, en Amérique du Nord en particulier.
Un simple calcul donne toute la dimension du problème pour les aspirants à la magistrature suprême : sur une base d’environ 15,5 millions d’électeurs inscrits, ces centaines de milliers de voix, si elles s’expriment, peuvent influer sur les résultats des élections. C’est exactement ce qu’a rappelé récemment Hsu Hsin-liang, lui-même candidat malheureux aux précédentes élections, et qui depuis s’est pratiquement retiré de la politique.
La loi n’autorisant pas les électeurs à voter par procuration ou par courrier – la proposition en ce sens, déposée au Yuan législatif, a peu de chances d’être votée à temps – ceux-ci sont dans l’obligation de se présenter en personne au bureau de vote de leur circonscription. Combien feront le voyage ? Nul ne le sait, mais à moins d’instaurer en toute hâte des charters pour cette communauté expatriée en Chine ou de rétablir les liaisons directes entre les deux rives, il est vraisemblable que beaucoup reculeront devant le coût du billet d’avion et le temps de voyage, uniquement pour aller voter.
En revanche, il ne fait pas de doute que ces hommes et ces femmes auront une influence sur les débats en donnant leur opinion de la politique continentale suivie actuellement, en particulier concernant le rétablissement éventuel des relations directes de transport entre les deux rives et l’ouverture de la Bourse de Taiwan aux entreprises installées en Chine.
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