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Il n’est pas exclu de choisir une ou plusieurs langues nationales comme cela a été fait dans une centaine de pays à travers le monde, a indiqué hier Yu Shyi-kun, mais il faudrait un amendement constitutionnel pour cela, et dans tous les cas, la population sera consultée.
Le Premier ministre apportait ses commentaires à un débat ouvert il y a quelques jours par la commission d’Etat de la Culture : celle-ci a préparé un texte de loi permettant aux autorités locales d’utiliser la langue de leur choix dans leurs communications orales avec le public. L’annonce a suscité quelques réactions épidermiques, la langue restant dans le contexte politique et historique de Taiwan un sujet délicat.
Les Nations unies ont exprimé leur préoccupation devant le recul progressif des langues indigènes de Taiwan, a ajouté le Premier ministre, reconnaissant que leur disparition serait une perte pour l’humanité tout entière.
Les pouvoirs publics marchent toutefois sur des œufs, chaque minorité cherchant à défendre son identité linguistique. D’un point de vue purement pratique, il semble cependant difficile d’instaurer une véritable égalité entre les nombreuses langues usitées dans l’île : en plus du mandarin, devenue en quelque sorte la lingua franca de Taiwan, on peut entendre ici parler nombre de dialectes régionaux du chinois, ainsi que, plus rarement, une dizaine de langues aborigènes.
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