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Donnant quelques premiers éclaircissements sur la vision du président de la République de la nouvelle Constitution qu’il appelle de ses vœux, le secrétaire général de la présidence de la République, Chiou I-jen, a indiqué qu’il n’était pas dans l’intention de Chen Shui-bian de modifier l’appellation du pays et son drapeau.
Défendant l’idée de reformuler entièrement la Constitution plutôt que de l’amender, Chiou I-jen a expliqué que ce sont environ 65% du texte fondateur qui nécessitent une révision. Le Parti démocrate-progressiste, la formation que dirige le chef de l’Etat, espère ainsi récrire un total de 126 articles, dont 116 des 175 articles de la Constitution promulguée en 1947, et 10 des 11 articles additionnels résultant des amendements pris au cours des douze dernières années.
Certaines des modifications souhaitées portent sur la structure et le fonctionnement des institutions : par exemple, elles permettraient de clarifier les compétences du président et du Premier ministre et de déterminer si ce dernier peut ou non cumuler ses fonctions avec celles de vice-président. Elles donneraient en outre la possibilité de choisir plus clairement entre un système présidentiel ou parlementaire.
D’autres changements viseraient l’allongement du mandat des députés – qui passerait de trois à quatre ans pour s’harmoniser avec celui du chef de l’Etat –, l’extension des droits des citoyens, la redéfinition des frontières nationales ou encore le système de la conscription nationale.
Quant au titre de « République de Chine », Chiou I-jen a réitéré la position de Chen Shui-bian, à savoir que c’est bien le nom officiel de Taiwan et qu’il n’y a pas lieu de le modifier pour l’instant. Répondant aux inquiétudes exprimées à Washington à l’annonce de ce projet de révision constitutionnelle, il a souligné que Chen Shui-bian tiendrait ses engagements sur la question, à moins que Taiwan soit la cible d’une offensive militaire de la Chine.
Toutefois, a-t-il reconnu, il n’est pas impossible que d’autres formations politiques que celle du chef de l’Etat lancent une initiative dans ce sens, et il appartiendrait alors à la population de se prononcer sur la question par voie de référendum.
Enfin, répondant aux accusations de l’opposition selon lesquelles le projet présidentiel servirait des intentions électoralistes, le secrétaire général de la présidence pense que Chen Shui-bian a raison de lancer le débat maintenant avec pour horizon l’année 2006, car une révision d’une telle ampleur ne peut se faire en quelques mois.
Les difficultés rencontrées par la formation au pouvoir depuis l’alternance de l’an 2000 ont démontré la nécessité, a dit Chiou I-jen, de procéder à une véritable réforme constitutionnelle. Au contraire des amendements préparés par les administrations Kuomintang successives, le projet du gouvernement est « mature », a-t-il ajouté.
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