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Des centaines d’anonymes et de membres des cercles politiques, dans le monde chinois et aux Etats-Unis rendent hommage à Soong May-ling depuis son décès jeudi soir à New York. Les funérailles, indique la presse locale, auront lieu aux Etats-Unis, en accord avec les dernières volontés de la veuve de Tchang Kaï-chek.
A Taipei, deux « chapelles ardentes » à sa mémoire ont été mises à la disposition du public, l’une au siège de la Ligue féminine nationale, que celle-ci avait fondée en 1950, et l’autre à celui du Kuomintang, dont elle était restée membre du Comité central consultatif. Parmi les nombreuses personnalités venues témoigner de leur émotion, on a remarqué la vice-présidente de la République, Annette Lu, qui a salué la mémoire de « l’éternelle Première dame » de la République.
A l’étranger, autre témoignage notable, celui du président George Bush qui a souligné « l’intelligence et la force de caractère » de Madame Tchang, « proche amie des Etats-Unis tout au long de sa vie ».
Il n’est pas jusqu’aux dirigeants chinois qui n’aient témoigné leur sympathie à la famille de la disparue, choisissant de se souvenir de Soong May-ling comme d’une patriote appelant à la réunification de Taiwan avec la Chine, plutôt que comme la veuve de l’ennemi juré du communisme chinois.
A Taiwan, dans la mouvance indépendantiste, les voix ne sont pas unanimes pour chanter les louanges de Madame Tchang, certains rappelant qu’elle fut le porte-parole d’un dictateur et qu’elle ne fit rien pour empêcher la corruption qui régnait parmi ses proches. Soong May-ling est aussi vilipendée par les partisans de la « taiwanisation » des élites politiques pour avoir tenté d’écarter Lee Teng-hui du pouvoir en 1988, à la mort de Chiang Ching-kuo, le fils de Tchang Kaï-chek. Lee Teng-hui, alors vice-président, avait finalement assumé les fonctions de président en vertu de la Constitution.
Selon la presse locale, Soong May-ling sera inhumée dans le comté de Westchester, non loin de New York, à une date encore indéterminée. La question est maintenant de savoir si les funérailles seront retardées de quelques jours afin de permettre au président de la République, Chen Shui-bian, d’y assister, à l’occasion de son passage dans la métropole américaine à partir du 31 octobre.
La dépouille de Tchang Kaï-chek, décédé en 1975, a été placée dans un monument temporaire à Tahsi, non loin de Taipei, dans l’attente d’une éventuelle inhumation sur le continent.
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