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Le président Chen Shui-bian a, comme on s’y attendait, délivré hier un discours d’investiture dominé par le pragmatisme mais aussi l’apaisement à l’égard de la Chine, indiquant qu’il ne toucherait pas aux questions de souveraineté, de territoire ou du statut de Taiwan durant son second mandat sans le consentement de la population.
C’est sous une forte pluie que la cérémonie d’investiture s’est déroulée hier dans la matinée, le chef de l’Etat prononçant son discours très attendu après avoir prêté serment avec la vice-présidente de la République, Lu Hsiu-lien.
Parlant devant une foule trempée de presque 200 000 personnes, Chen Shui-bian a affirmé comprendre la position chinoise concernant la question d’« une Chine » – une concession qu’il n’avait jamais faite au cours de son premier mandat.
Il a appelé en retour les autorités de Pékin à comprendre l’amour des Taiwanais pour « la démocratie et la paix ». En tout cas, a-t-il ajouté, le choix ultime concernant l’avenir des Taiwanais leur reviendra à eux et à eux seuls.
La paix et la stabilité dans le détroit sont des sujets qui sont souvent revenus dans le cours de l’allocution présidentielle, Chen Shui-bian renouvelant ses engagements vis-à-vis de la Chine lancés en 2000 – les 5 non –, sans les mentionner précisément.
Il a donné d’autres gages de bonne volonté à Pékin en n’insistant pas sur son projet de nouvelle Constitution mais en mettant plutôt en avant le besoin de l’amender, dans le respect de la procédure traditionnelle, c’est-à-dire en passant par un vote de l’Assemblée nationale et non plus par le biais d’un référendum – un autre point qui irritait les autorités chinoises.
Le chef de l’Etat est néanmoins resté ferme sur les questions de sécurité nationale, réaffirmant le droit de l’île à se défendre si elle était attaquée. Améliorer l’armement et augmenter les capacités d’autodéfense figurent toujours parmi ses priorités.
Enfin, appelant ses concitoyens à surmonter les divisions et à aller de l’avant, il a mis l’accent sur la nécessité de dépasser les rivalités ethniques ou communautaires : « Taiwan dispose d’une population diversifiée sur le plan ethnique, mais cela ne l’empêche pas de former une nation. »
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