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Est-il normal que les personnes ayant pris leur retraite de l’administration mais qui sont toujours actifs dans une institution ou une entreprise publique touchent à la fois la pension que leur verse l’Etat et un salaire dans leur nouvel emploi ? Voilà l’embarrassante question posée par une centaine de députés qui ont signé une pétition adressée au président de la République, lui demandant de mettre un terme à la situation qui entraîne, disent-ils, un gaspillage de l’argent des contribuables.
Les 96 députés signataires, qui appartiennent au même camp politique que le président Chen Shui-bian, veulent que le versement de leur pension aux anciens fonctionnaires soient suspendus dès lors qu’ils exercent une activité professionnelle leur assurant des revenus mensuels supérieurs à 31 200 dollars taiwanais.
En quittant l’administration, dit la députée Lai Shin-yuan, de l’Union solidarité Taiwan, plusieurs grands serviteurs de l’Etat se sont vu confier un titre honorifique ou des responsabilités dans des organismes ou des entreprises publics, et ils touchent donc une pension à laquelle s’ajoute un, voire deux, salaires souvent élevés.
Pour appuyer son argumentaire, Lai Shin-yuan prend l’exemple de l’ancien Premier ministre Vincent Siew qui, dit-elle, outre sa pension d’ancien Premier ministre, bénéficie de 300 000 dollars par mois en tant que consultant pour une fondation et de 50 000 dollars à titre de président de l’Institut Chung Hua de recherche économique.
Le chef de l’Etat abonde dans le sens des pétitionnaires et estime qu’une réforme doit être lancée au plus vite pour éviter de tels cumuls. Il souhaite également voir supprimer les grasses primes distribuées à certains hauts fonctionnaires, par exemple à ceux qui, dans la police, interpellent des contrebandiers ou des trafiquants. Chen Shui-bian va plus loin : il pense que les anciens serviteurs de l’Etat visés doivent rendre l’argent touché indûment.
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