Les députés du camp panvert font obstruction au vote des liens directs avec la Chine
 

Les députés du camp panvert font obstruction au vote des liens directs avec la Chine
Mercredi 17 mai 2006

Les députés du Parti démocrate-progressiste (DPP) au pouvoir et de la formation qui lui est alliée, l’Union solidarité Taiwan (TSU), ont poursuivi hier la même tactique que vendredi dernier pour empêcher le vote de l’amendement à la législation régissant les relations entre Taiwan et la Chine déposé par le Kuomintang (KMT) et le Parti pour le peuple (PFP), dans le camp opposé.

La confusion a régné dans l’enceinte parlementaire jusqu’à la fin de la séance, Wang Jin-pyng (KMT), au perchoir, ne parvenant pas à ramener l’ordre et se déclarant pessimiste quant à la reprise des négociations entre partis étant donné l’esprit de confrontation dans lequel semblent se trouver les deux camps.

Un compromis avait pourtant été trouvé entre le KMT et le DPP sur un point de contentieux majeur, contenu dans l’article 28 de ce texte : sur l’insistance du second a été rajoutée la mention que tous les navires, avions et autres moyens de transport devront obtenir une autorisation officielle pour voyager entre les deux rives.

Les deux formations étaient également tombées d’accord sur un délai de six mois avant l’entrée en vigueur du texte une fois voté.

Le désordre s’est cependant prolongé, les députés TSU s’asseyant par terre et ceux du DPP occupant la tribune pour empêcher les débats de se poursuivre. Deux députés de camps opposés en sont même venus aux mains.

Interrogé sur ce brûlant dossier, le maire de Taipei, Ma Ying-jeou, qui est le président du KMT, a estimé que le rétablissement de liaisons directes avec la Chine était « dans l’intérêt de Taiwan plus que dans celui de la Chine étant donné l’afflux de talents et de biens qui en résulterait ».

« Les partis au pouvoir et l’opposition sont parvenus à un consensus sur la question. Les groupes indépendantistes [le TSU] ne sont pas en phase avec leur temps. Le gouvernement et l’industrie sont d’accord pour dire que les liens directs sont nécessaires », a-t-il encore déclaré.

Sans vouloir se prononcer sur la nature des relations directes qui seraient mises en place – les expressions internationales, intérieures ou « entre les deux rives » lui semblant toutes envisageables pour les qualifier –, Ma Ying-jeou a ajouté que les inquiétudes qu’il avait pu formuler au début des années 90 par rapport à leur ouverture tant que Pékin refuse de reconnaître l’existence de la République de Chine s’étaient estompées car « la Chine a changé d’attitude ».

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