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Hier, le président du Kuomintang (KMT) Ma Ying-jeou a violemment critiqué le chef de l’Etat, le trouvant « sans remords » et l’accusant de refuser de prendre ses responsabilités.
Cette pluie de critiques est venue sous la forme d’une prestation télévisée elle aussi, pendant laquelle Ma Ying-jeou a repris l’essentiel des déclarations du président de la République la veille pour les retourner contre lui.
Outre ses dénégations concernant les accusations de trafics d’influence portées contre son épouse, Chen Shui-bian avait, mardi soir, rejeté un par un les dix « crimes » dont l’accuse l’opposition – corruption, violation de la Constitution, incompétence, atteintes à la liberté de la presse… – pour justifier la mise en œuvre d’une procédure de destitution contre lui.
Ma Ying-jeou s’en est aussi pris au président de la République pour avoir souligné que le taux de suicide est plus faible à Taiwan qu’en Chine, estimant que cette remarque montre que Chen Shui-bian « ne se préoccupe pas du bien-être de ses concitoyens ».
Dans le réquisitoire rédigé par l’opposition contre le chef de l’Etat est cité le chiffre de 18 000 suicides au cours des cinq dernières années comme signe de la dégradation de l’environnement socio-économique à Taiwan.
Ma Ying-jeou a surtout appelé Chen Shui-bian à « prendre ses responsabilités politiques » après la mise en examen de son beau-fils Chao Chien-ming pour délit d’initié. « La raison pour laquelle votre gendre est impliqué dans cette affaire, c’est vous. C’est à cause de votre pouvoir et de votre position », a-t-il assené, appelant le Parti démocrate-progressiste à retirer son soutien à « un président corrompu ».
Le fait que Chen Shui-bian s’est exprimé en hoklo (taiwanais) la majeure partie des deux heures qu’a duré son intervention a également fait l’objet d’attaques de la part de Ma Ying-jeou qui a, lui, décidé de s’exprimer en mandarin « car il y a des Hakka et des aborigènes qui ne comprennent pas le hoklo ».
S’il n’y a rien de nouveau dans ces déclarations au vitriol, la surprise est venue lorsque Ma Ying-jeou s’est déclaré opposé à l’enclenchement d’une motion de censure contre le gouvernement si, comme cela sera vraisemblablement le cas, la procédure de destitution du président de la République échoue.
C’est James Soong, le président de l’autre grande formation de l’opposition, le Parti pour le peuple, qui est le promoteur principal de ce « plan B ».
La motion de censure, a estimé Ma Ying-jeou, risquerait de « détourner l’attention », alors que le KMT souhaite pousser la procédure de destitution jusqu’au bout.
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