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Pour la énième fois, même dans une formule allégée, les crédits demandés par le gouvernement pour se procurer de nouveaux systèmes de défense auprès des Etats-Unis ont été bloqués au Yuan législatif hier, tandis que, à l’extérieur, des manifestants « anti-achats » rassemblés par la députée sans étiquette May Chin faisaient entendre leur voix.
Ce nouveau blocage du budget des achats d’armes n’est pas une totale surprise, les deux grandes formations du camp panbleu, le Kuomintang (KMT) et le Parti pour le peuple (PFP), ayant fait savoir lundi qu’ils ne voyaient pas d’urgence à l’adopter.
De retentissantes déclarations jeudi dernier de Stephen Young, le représentant de Washington à Taipei, ont apparemment eu l’effet inverse de celui escompté : exhortés à voter le budget au risque de voir Washington revenir sur ses offres et les relations bilatérales se refroidir, le KMT et le PFP se sont retranchés sur leurs positions.
Sont en jeu, depuis plusieurs années maintenant, trois ensembles d’armements que les Etats-Unis jugent essentiel pour la défense de Taiwan, étant donné le rythme auquel la Chine modernise ses armées : 12 appareils de reconnaissance Orion P-3C, 8 sous-marins diesel et 6 batteries anti-missiles PAC-3.
Après une série de révisions et de réévaluations, le budget « spécial » de 610,8 milliards de dollars taiwanais initialement présenté par le ministère de la Défense a laissé la place à un budget qualifié de « supplémentaire » se montant à 6,2 milliards uniquement.
Ces fonds permettraient, dans un premier temps, d’acheter les avions de reconnaissance, de moderniser les batteries de missiles PAC-2 dont dispose déjà Taiwan, de financer la révision du design des sous-marins relativement anciens qui sont proposés par Washington, et enfin de construire une piste d’atterrissage sur l’îlot de Taiping, en mer de Chine méridionale.
Quoi qu’il en soit, hier, ce budget « supplémentaire » n’a pas été mis à l’agenda des débats.
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