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Jugées d’une importance cruciale étant donné le climat politique difficile de ces derniers mois, les élections du 9 décembre, lors desquelles les mairies et les assemblées des deux municipalités spéciales (Taipei et Kaohsiung) étaient en jeu, se sont achevées sur ce que de nombreux observateurs qualifient de « statu quo », les deux mairies étant restées dans les camps auxquels elles appartenaient. L’expression ne rend néanmoins pas entièrement compte de la réalité.
Ainsi, à Taipei, Hau Lung-bin, du Kuomintang (KMT), a remporté la mairie avec une avance confortable devant son principal concurrent, Frank Hsieh, puisqu’il enregistre 53,81% des suffrages. C’est également le KMT qui a obtenu le plus grand nombre de sièges de députés dans l’assemblée municipale de la capitale. Taipei reste donc chez les « bleus ».
Deux constats s’imposent néanmoins : tout d’abord la bonne performance de Frank Hsieh, du Parti démocrate-progressiste (DPP) au pouvoir, qui affiche 40,89% de suffrages, alors que ses adversaires avaient tenté de faire de ce scrutin un vote-sanction contre l’administration DPP et le président de la République, Chen Shui-bian. Il semble que cela n’a pas été le cas.
Frank Hsieh peut aussi se réjouir d’avoir minimisé les pertes de son parti dans la capitale, plutôt considéré comme un bastion du KMT, tout en faisant la démonstration de sa popularité personnelle auprès des électeurs DPP – un élément capital dans la perspective des élections présidentielles qui se profilent à l’horizon 2008.
L’autre résultat significatif, à Taipei, est la spectaculaire chute de James Soong, qui fut pourtant un des politiciens les plus populaires de l’île. Crédité d’un peu plus de 4% des voix seulement, il a immédiatement annoncé son retrait de la vie politique.
Son départ semble présager de la disparition prochaine du paysage politique du Parti pour le peuple (PFP), une formation qu’il avait fondée après les élections présidentielles de 2000, en quittant le KMT avec fracas.
L’heure est également aux remises en question à l’Union solidarité Taiwan (TSU) – une autre petite formation, mais dans le camp indépendantiste – qui ne comprend pas, en particulier, les piètres performances de ses candidats à Kaohsiung. Dans la course à la mairie, Lo Chih-ming n’y a rassemblé que 0,86% des voix, et la TSU n’a obtenu qu’un siège à l’assemblée municipale.
Certains observateurs ont avancé comme explication de cette contre-performance l’absence de soutien du mentor de la formation, l’ancien président de la République Lee Teng-hui. Quoi qu’il en soit, à Taipei, c’est la candidate TSU, Chou Yuh-kow, qui a remporté le moins de voix.
Ainsi, les scrutins de samedi semblent avoir pour principal résultat un renforcement de la bipolarisation de la vie politique insulaire.
Autre événement – si les résultats communiqués le soir du 9 décembre sont confirmés –, c’est une femme, Chen Chu, du DPP, qui aurait remporté la mairie de Kaohsiung. Ancienne ministre du Travail, Chen Chu serait la première femme à diriger une des deux municipalités spéciales de l’île, un poste particulièrement important étant donné le poids économique et politique de ces deux grandes métropoles.
Enfin, il faut noter le fort taux d’abstention enregistré dans les deux villes, la participation n’ayant été que de 64,52% à Taipei et de 67,93% à Kaohsiung. Si les abstentions ont plutôt servi le DPP à Taipei, c’est l’inverse qui s’est probablement produit à Kaohsiung, traditionnellement acquis au DPP, un phénomène qui explique en partie que Chen Chu et son concurrent Huang Chun-ying aient été au coude à coude jusqu’à la fin du dépouillement.
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