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La reformulation de certains passages des manuels servant de support pédagogique au programme d’histoire des lycéens n’a pas manqué de susciter colère et indignation dans les rangs du Parti nationaliste, ou Kuomintang (KMT), qui dénonce des « distorsions de faits historiques ».
Plusieurs députés du KMT – la formation qui est restée au pouvoir à Taiwan entre 1945 et 2000 mais est aujourd’hui la principale composante de l’opposition au président de la République – ont réclamé la démission du ministre de l’Education, Tu Cheng-sheng, pour des changements qu’ils considèrent « inappropriés ».
Dès la couverture, en effet, la couleur est annoncée : le manuel jusqu’ici intitulé « Histoire nationale » a été rebaptisé « Histoire de la Chine ». A l’intérieur, les expressions comme « notre pays », « le pays » et « le continent » ont laissé place à un groupe nominal plus sobre, « la Chine », qui souligne le caractère séparé et distinct de « Taiwan ».
Dans la même logique, Sun Yat-sen, fondateur de la République de Chine, n’est plus présenté comme « le père de la nation ».
Par ailleurs, le « soulèvement de Wuchang » qui, en 1911, entraîna le renversement de la dynastie Qing, n’est plus qualifié de « juste révolution » mais d’« émeute ».
La réécriture a aussi concerné les cinquante années de présence japonaise à Taiwan, de 1895 à 1945 : là où on parlait jusqu’ici d’« occupation » ou de « colonisation », les réformistes ont substitué l’expression plus neutre de « période d’administration japonaise ».
Ecartant les allégations de pressions politiques, Lan Shun-teh, directeur général de l’Institut national de compilation et de traduction, sous tutelle du ministère de l’Education, a expliqué que les rédacteurs s’étaient efforcés d’adopter la vision la plus neutre possible afin de permettre aux lycéens de se faire une opinion par eux-mêmes sur l’histoire de la nation.
Ces changements, en ligne avec le discours du Parti démocrate-progressiste au pouvoir depuis 2000, en suivent d’autres qui ont par exemple vu le mot « Chine » remplacé par « Taiwan » dans de nombreuses appellations d’entreprises ou d’institutions publiques.
La question de la révision des manuels d’histoire est particulièrement délicate dans la mesure où l’identité nationale évolue et qu’elle est à Taiwan toujours au cœur des débats entre partisans de « l’indépendance » et de la « réunification », sur fonds de menaces militaristes chinoises.
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