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Un colloque organisé par la Fondation culturelle Chiang Wei-shui pour célébrer le 80e anniversaire de l’établissement par celui-ci du Parti du peuple de Taiwan a été l’occasion pour les deux candidats à la présidence de la République de confronter leurs idées.
Chiang Wei-shui (1891-1931), un médecin, milita pour que les Taiwanais obtiennent les mêmes droits que les sujets japonais, des opinions qui lui valurent de nombreux séjours en prison. Le parti qu’il fonda s’inspirait des théories politiques de Sun Yat-sen. Il est aujourd’hui largement reconnu comme l’un des pionniers de la démocratie taiwanaise.
Frank Hsieh, le candidat du Parti démocrate-progressiste, n’a pas ménagé ses attaques contre la formation à laquelle appartient son adversaire, le Kuomintang (KMT), insistant sur le fait qu’il a été fondé « hors de Taiwan » et qu’il a longtemps interdit à ses membres de s’identifier avec l’île. L’avenir de Taiwan n’est pas en Chine, estime-t-il, mais dans sa propre histoire.
Frank Hsieh a aussi mis en avant le concept d’une « communauté taiwanaise partageant un destin commun », expliquant qu’il n’était pas favorable sur le principe à l’idée de construire celle-ci sur les « liens du sang » entre Taiwan et la Chine. « Seuls ceux qui règnent sans légitimité font référence aux liens du sang », pense-t-il.
En réponse, Ma Ying-jeou a estimé que le KMT est effectivement taiwanais depuis la première élection d’un président de la République de Chine au suffrage universel direct – Lee Teng-hui en l’occurrence – en 1996, et que ce processus démocratique lui a donné sa légitimité.
Refusant d’utiliser l’histoire à des fins électorales, Ma Ying-jeou a préféré rendre hommage à Chiang Wei-shui et à sa contribution au mouvement démocratique et de réforme sociale à Taiwan.
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