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La Haute Cour de justice a confirmé hier la condamnation par la Cour du district de Taipei, le 21 décembre 2005, du chef de l’Etat, Chen Shui-bian, pour diffamation envers ses deux rivaux à la présidentielle de l’année 2004, l’ancien président du Kuomintang, Lien Chan, et le président du Parti pour le peuple, James Soong.
Réélu en 2004 avec une très faible marge sur Lien Chan, dans un contexte particulièrement volatile, puisqu’il avait fait l’objet la veille d’une apparente tentative d’assassinat, Chen Shui-bian avait été la cible de manifestations du camp adverse réclamant l’annulation du scrutin.
Par la suite, Chen Shui-bian avait accusé Lien Chan et James Soong d’être derrière cette agitation populaire et d’avoir tenté un « coup d’état en douceur » en organisant des pressions sur l’armée.
Pour étayer ses affirmations devant la Haute Cour de justice, le président de la République avait produit un rapport écrit par l’ancien ministre de la Défense Lee Jye, alors chef d’état-major des armées. Celui-ci y raconte que, dans les jours qui ont suivi la réélection de Chen Shui-bian, deux généraux, Tsao Wen-shen et Lo Pen-li, lui ont suggéré de démissionner en feignant des problèmes de santé.
Notant que le rapport remis par Lee Jye au chef de l’Etat était daté du 25 novembre 2005, la Haute Cour a estimé qu’il n’avait pas pu influencer Chen Shui-bian dans ses déclarations au mois de novembre de l’année précédente. Les juges ont aussi souligné que le document ne disait pas que les deux généraux avaient agi sur la demande de Lien Chan et de James Soong, et donc qu’il ne pouvait être pris en compte comme « preuve » d’une action fomentée par eux.
Chen Shui-bian a été condamné à verser un dollar taiwanais symbolique à ses ennemis politiques et à publier des excuses dans la presse. Il n’a pas encore indiqué s’il ferait ou non appel de cette décision de justice.
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