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Le président de la République, Chen Shui-bian, a indiqué hier qu’il n’était pas hostile à ce que les deux consultations populaires sur l’entrée à l’Onu soient retardées, à condition que des négociations entre le Parti démocrate-progressiste (DPP) et le Kuomintang (KMT) interviennent au préalable et que le KMT accepte une révision de la loi des référendums.
Le 22 mars, jour où les électeurs choisiront leur nouveau chef de l’Etat, le DPP et le KMT vont chacun proposer un référendum au texte légèrement différent.
L’idée est de demander aux Taiwanais s’ils souhaitent voir le gouvernement poursuivre ses efforts pour obtenir de l’Onu la reconnaissance de l’île, en tant qu’entité politique distincte de la Chine. Il s’agit aussi de mobiliser l’opinion.
S’il a menacé de boycotter en bloc les deux référendums, y compris le sien, le KMT n’a pas encore pris de décision définitive sur les consignes de vote à donner aux militants en la matière, se contentant pour l’instant de dire qu’il n’est pas opposé au principe du référendum sur l’entrée à l’Onu, mais seulement à ce qu’il soit organisé le même jour que la présidentielle – une option vue comme une tentative d’augmenter les chances de victoire du candidat DPP.
Les probabilités sont cependant assez fortes pour que les deux consultations échouent, avec pour effet secondaire de donner au monde l’impression que les Taiwanais se désintéressent de la question de l’entrée à l’Onu.
Certains au KMT pensent néanmoins que les référendums doivent être carrément abandonnés, étant donné les critiques qu’ils ont suscitées de la part de Washington, de Tokyo ou encore de Paris, sans parler de Pékin.
Hier, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a d’ailleurs vivement condamné l’initiative, estimant que si l’un ou l’autre référendum était adopté, cela équivaudrait à une déclaration d’indépendance. Il a ensuite rappelé qu’en tout état de cause, la Chine dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité.
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