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Le dernier dimanche avant le scrutin du 22 mars a été marqué par de grands défilés et rassemblements à travers l’île, derrière les deux « tickets présidentiels » rivaux.
Dans le camp du Parti démocrate-progressiste (DPP), les participants ont appuyé leur message grâce à des accessoires très visuels, des banderoles aux masques-costumes carnavalesques, en passant par les chars décorés, dont un « cheval de Troie » de 8 m de haut censé représenter le danger d’une invasion chinoise de produits contaminés par le biais du « marché commun » proposé par le ticket du Kuomintang (KMT). Cheval, en chinois, se dit ma, un caractère qui est aussi le patronyme du candidat du KMT, Ma Ying-jeou.
C’est justement sur cette idée de « marché commun » que le candidat du DPP, Frank Hsieh, a concentré ses attaques, en exhortant Ma Ying-jeou, à abandonner ce projet « dangereux ». Sinon, a-t-il averti, « les hommes ne trouveront plus de travail » et « les appelés feront leur service militaire dans [la province chinoise du] Heilongjiang ».
Il a aussi appelé son rival du KMT à clarifier sa position sur les relations entre les deux rives. « Si l’avenir de Taiwan est décidé en commun par les deux rives du détroit [ainsi que Ma Ying-jeou l’a souhaité par le passé], nous finirons comme le Tibet. »
Dans le camp KMT, on a défilé en portant le drapeau de la République de Chine et en faisant le V de la victoire, avec pour slogan « Taiwan va de l’avant ». Des chevaux – des vrais – ont également été mis à contribution.
Ma Ying-jeou est allé à la rencontre des électeurs dans le sud, où il a fait le vœu d’être un rassembleur plutôt qu’une « source de désunion ».
Ses partisans ont par ailleurs saisi l’occasion des diverses manifestations organisées dans toute l’île pour exprimer, tout comme ceux de Frank Hsieh, leur condamnation de la « loi antisécession » adoptée en Chine le 14 mars 2005.
A Taipei, les « bleus » ont convergé vers l’esplanade qui fait face au Palais présidentiel. Lien Chan, le président honoraire du KMT, a expliqué qu’il espérait voir « le parti le plus propre » regagner le pouvoir. Pour sa part, Wu Po-hsiung, son successeur à la tête du Parti nationaliste, a mis en garde contre les surprises de dernière minute en faisant référence à l’attentat raté qui, en 2004, semble avoir fait peser la balance en faveur de Chen Shui-bian. Celui-ci a alors été réélu avec une marge très faible de 0,2% des voix, a rappelé Wu Po-hsiung.
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