 |
|
Le président de la République, Chen Shui-bian, s’est entretenu hier pendant une heure et demie avec celui qui prendra sa suite à la tête de l’Etat le 20 mai prochain, Ma Ying-jeou.
Lors de cette entrevue dont la première heure s’est déroulée en présence de journalistes, les deux hommes ont surtout parlé de la stratégie de Ma Ying-jeou pour redonner vie aux relations avec la Chine en remettant en avant le « consensus de 1992 ».
Le « consensus de 1992 » fait référence à un accord tacite qui serait apparu entre les négociateurs taiwanais et chinois cette année-là sur le principe d’une interprétation différente de ce que représente la Chine unique.
L’expression, rarement employée sous les deux mandats de Chen Shui-bian, a reparu avec force dans le discours de Ma Ying-jeou qui veut l’exploiter pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les relations entre les deux rives.
Elle a même été mentionnée dans une conversation téléphonique récente entre le président américain George Bush et son homologue chinois Hu Jintao, le premier appelant le second à s’en inspirer pour renouer le dialogue avec Taipei.
Chen Shui-bian, qui a maintes fois exprimé des doutes sur l’existence de ce fameux consensus, a mis son successeur en garde contre « les interprétations erronées ou les falsifications de l’Histoire ».
Le président sortant a aussi critiqué l’emploi par Ma Ying-jeou du concept de « non-dénégation mutuelle » en rappelant que Taipei ne nie pas l’existence du régime de Pékin.
Répondant à son hôte, Ma Ying-jeou a insisté sur son « amour pour Taiwan » et s’est défendu de toute intention de « vendre Taiwan ». « Nous ne renoncerons pas à la souveraineté que nous défendons depuis si longtemps. »
Une des conditions posées par celui-ci à la reprise des négociations entre les deux rives est le retrait des missiles pointés sur Taiwan par la Chine.
Ma Ying-jeou a aussi abondamment parlé de sa vision de sa mission à la tête de l’Etat. Il a entre autres engagements fait le vœu de ne pas se laisser corrompre par le pouvoir et de diriger avec la majorité dans le respect de l’opposition.
|