12/06/2026

Taiwan Today

Taiwan aujourd'hui

Actualités du mois de juillet 2007

01/08/2007

Taiwan finance la construction d’un centre hospitalier à Ouagadougou

Le président de la République du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a assisté le 10 juillet, en compagnie du ministre des Affaires étrangères James Huang, au démarrage de la construction à Tengadogo, à une dizaine de kilomètres au sud de la capitale burkinabé, d’un centre hospitalier financé par Taiwan. D’une capacité de 550 lits, le nouveau complexe médical comportera une quarantaine de bâtiments de 1 à 2 niveaux et devrait être achevé en juillet 2009. D’un coût de 2 milliards de dollars taiwanais, il s’agit du plus important projet de coopération mis en œuvre entre les deux pays. Dans le cadre de sa visite au Burkina Faso, James Huang avait également apporté avec lui plus de deux cents ordinateurs destinés aux parlementaires de ce pays, ainsi que divers matériels de bureau (imprimantes, scanners…), un don qui s’inscrit dans un projet plus large de réduction de la fracture numérique. Le chef de la diplomatie burkinabé, Djibril Bassolé, s’est réjoui de ce nouveau volet d’une coopération « qui touche des domaines sociaux comme l’éducation, la santé, l’agriculture et les infrastructures. » Taiwan devrait aussi, dans les années qui viennent, apporter son aide pour améliorer l’accès à l’eau potable dans les villages, entre autres projets.

Disparition du cinéaste Edward Yang

Le réalisateur Edward Yang [楊德昌] s’est éteint le 29 juin entouré des siens à son domicile de Beverly Hills, des suites d’une longue maladie. Il avait 59 ans. Considéré comme un des meilleurs représentants du Nouveau Cinéma taiwanais, aux côtés de Hou Hsiao-hsien [侯孝賢] et de Tsai Ming-liang [蔡明亮], Edward Yang avait été le premier Taiwanais à obtenir la Palme d’or de la meilleure mise en scène à Cannes, en 2000, pour Yi Yi. Il laisse derrière lui de nombreuses œuvres, dont The Terrorizers (1986), A Brighter Summer Day (1991) ou encore A Confucian Confusion (1994). Pour son dernier projet, un film d’animation intitulé The Wind qui devrait sortir cette année, il avait collaboré avec le célèbre acteur et producteur hongkongais Jackie Chan [成龍]. Né à Shanghai en 1947, il était arrivé à Taipei en 1949, en pleine guerre civile. Diplômé de l’université de Floride, aux Etats-Unis, il était venu au cinéma après avoir brièvement travaillé comme ingénieur informaticien, réalisant son premier court métrage en 1982. Edward Yang était marié avec la pianiste Kaili Peng [彭鍇立], dont il a eu un fils.

Frank Hsieh et Ma Ying-jeou s’affrontent sur l’idée de marché commun avec la Chine

En visite fin juillet aux Etats-Unis où il entendait exposer ses vues auprès des autorités américaines, Frank Hsieh [謝長廷], le candidat du Parti démocrate-progressiste à la présidentielle de mars 2008, n’a pas ménagé ses sarcasmes contre son rival du Kuomintang (KMT), Ma Ying-jeou [馬英九], et son projet de traité économique entre les deux rives. Se présentant comme seul homme capable de faire de Taiwan « un pays normal », Frank Hsieh a qualifié l’idée de marché commun avec la Chine de « recette de la catastrophe ». Ouvrir les frontières entre les deux rives entraînerait l’afflux dans l’île de marchandises très bon marché Made in China, et il en résulterait des faillites en série dans l’industrie insulaire, ainsi qu’une augmentation du chômage, a averti l’ancien Premier ministre. La Chine n’est que l’atelier du monde, comme Taiwan il y a vingt ans ou le Japon il y a quarante ans, a-t-il poursuivi, « ce qui n’a rien d’admirable ». Quant au développement économique sur le continent, il est très exagéré, selon lui. Plutôt que d’ouvrir ses marchés aux produits chinois, Taiwan doit développer son secteur des hautes technologies et encourager la diversité culturelle, a-t-il encore commenté. Ces propos ont été violemment critiqués par le porte-parole du KMT, Su Chun-bin [蘇俊賓]. Celui-ci explique que le marché commun proposé par Ma Ying-jeou et par Vincent Siew [蕭萬長], qui se présente à ses côtés pour la vice-présidence de la République, offrirait au contraire de nouveaux débouchés aux marchandises fabriquées dans l’île et permettrait à Taiwan d’éviter la marginalisation dans la région Asie-Pacifique. Surtout, ce rapprochement économique aiderait à cimenter la paix dans le détroit, insiste Ma Ying-jeou qui rappelle que Washington exhorte Taiwan à prendre ce chemin depuis de nombreuses années. « Les Etats-Unis ont dit que nous devons [commencer par ] améliorer nos relations avec la Chine si nous voulons signer un accord de libre-échange avec eux. Il sera difficile pour M. Hsieh d’être le prochain président de la République s’il ne comprend pas cela. »

SEF-ARATS : des relations qui mériteraient d’être étoffées

Nommé dans ces fonctions le 12 juillet, le nouveau président de la Fondation des échanges entre les deux rives (SEF), Hung Chi-chang [洪奇昌], a suggéré quelques jours après des moyens de relancer les contacts entre l’organisme qu’il dirige et son homologue en Chine, l’Association pour les relations à travers le détroit de Taiwan (ARATS). Ceux-ci sont assez restreints depuis plusieurs années, alors que la SEF et l’ARATS sont censées être un canal de communication privilégié entre Taipei et Pékin, en l’absence de liaisons officielles. En particulier, Hung Chi-chang souhaiterait que les deux organismes échangent des bureaux de représentation consulaire, ainsi qu’il était prévu lors de leur création au début des années 90, afin que l’un et l’autre puissent mieux servir leur communauté d’origine. Le président de la SEF voudrait aussi que la collaboration soit meilleure dans les situations d’urgence, par exemple en cas d’accident. Le vol affrété spécialement début juillet pour rapatrier des touristes taiwanais grièvement blessés dans un accident survenu en Chine pourrait servir de modèle pour la normalisation de ce genre de liaisons aériennes. De même, dans une telle situation, les représentants de la SEF devraient être autorisés à se rendre en Chine pour fournir une assistance humanitaire aux Taiwanais en détresse. C’est d’ailleurs ce qui est fait ici, a rappelé Hung Chi-chang : l’année dernière, après le grave accident d’autocar dont ont été victimes des touristes chinois dans les montagnes de Nantou, des officiels chinois avaient été autorisés à se rendre sur place pour leur apporter l’aide logistique et administrative nécessaire. Hung Chi-chang a par ailleurs de nombreux projets pour développer les activités de la SEF à Taiwan même, par exemple dans les services apportés aux conjoints chinois de ressortissants taiwanais.

D’anciens DPP sur le point de créer un nouveau parti

Lors d’une conférence de presse donnée le 15 juillet, Jou Yi-cheng [周奕成], ancien responsable des jeunes au Parti démocrate-progressiste (DPP), aujourd’hui en dissidence avec cette formation, a déclaré être prêt à fonder un nouveau parti politique qui présentera des candidats aux élections législatives en janvier 2008. Actuellement chef de Generations Forum, Jou Yi-cheng, a indiqué que cette nouvelle formation, qui s’appellera Parti de la troisième société (TSP) et sera vraisemblablement inaugurée en septembre, présentera au moins une vingtaine de candidats aux législatives et une liste de 10 candidats pour les sièges hors circonscription, c’est-à-dire alloués proportionnellement aux suffrages recueillis par les partis. Il a ajouté que, pour les présidentielles qui suivront en mars 2008, le TSP n’accordera pas son soutien aux personnalités qui se réclament des camps panvert ou panbleu. Les fondateurs du TSP prônent une refonte des institutions, en particulier ils veulent que soit révisé le dernier amendement constitutionnel qui a modifié le mode de scrutin pour le Yuan législatif en réduisant les effectifs de la législature et en établissant l’élection d’un seul député par circonscription. Diverses personnalités ont déjà souscrit à ce mouvement qui entend rétablir la confiance dans les affaires publiques en créant une force politique alternative, avec des solutions autres que celles avancées par les deux grands partis qu’elles considèrent dans une opposition figée et négative pour le pays.

Amnistie pour le 20e anniversaire de la levée de la Loi martiale

Près de 10 000 détenus sont sortis de prison le 16 juillet, bénéficiant de l’amnistie initiée par le président de la République pour commémorer le 20e anniversaire de la levée de la Loi martiale, en juillet 1987. C’est la 5e fois dans l’histoire de la République de Chine qu’une mesure de clémence de ce type est prise. La première avait eu lieu en 1971 pour marquer le 60e anniversaire de la fondation de la République. La 2e avait été prononcée après le décès de Tchang Kaï-chek [蔣介石] et la 3e pour honorer son fils, Chiang Ching-kuo [蔣經國], qui venait de mourir, la 4e marquant, en 1991, le 80e anniversaire de la République. Exactement 9 597 personnes ont été relâchées à la mi-juillet et près de 15 000 autres devraient les rejoindre dans les semaines qui viennent. Parmi les premiers à bénéficier de l’amnistie, on comptait près de 5 000 personnes condamnées pour un délit ou un crime lié à la drogue ; 1 910 pour cambriolage ou vol ; 690 pour fraude et 69 pour homicide. En se basant sur les statistiques établies précédemment, le ministère de la Justice estime à environ 20% le taux de récidive des amnistiés.

Les grands partis politiques dévoilent leurs avoirs

Des chiffres publiés mi-juillet sur le site Internet du ministère de l’Intérieur donnent une idée de la richesse — ou des problèmes financiers — des quatre principaux partis politiques de l’île. C’est en novembre dernier que le ministère avait demandé à toutes les formations politiques dont les revenus dépassaient 30 millions de dollars taiwanais de lui fournir des chiffres détaillés sur leur situation financière avant le 1er janvier 2007. Il y a environ 170 groupes et organisations à caractère politique dans l’île, seulement 19 d’entre eux ayant fourni les informations demandées. Comme on s’y attendait, le Kuomintang (KMT) reste largement en tête en terme de richesse : il déclare 27 milliards de dollars taiwanais au titre de ses actifs, contre 339 millions pour le Parti démocrate-progressiste (DPP), 28 millions pour l’Union solidarité Taiwan (TSU) et 10 millions seulement pour le Parti pour le peuple (PFP). La première surprise vient du niveau des rentrées d’argent déclarées par le DPP au pouvoir, à 661 millions de dollars, contre 301 millions pour son principal adversaire, le KMT. Deuxième surprise, le DPP a indiqué ensuite qu’il s’apprêtait à contracter un emprunt de 30 millions de dollars taiwanais pour faire face à des difficultés financières. La situation est si grave, estime Yu Shyi-kun, le président de la formation, que, sans cet emprunt, le parti serait dans l’impossibilité de payer les salaires de ses employés après le mois de septembre. Le DPP a déclaré 86 millions de dettes pour l’année 2006, ses rentrées d’argent étant évaluées à 661 millions de dollars l’année dernière, soit 60 millions de moins qu’en 2005. Une des raisons à cela, a expliqué Yu Shyi-kun, est la décision qu’il a prise en accédant à la présidence du DPP en janvier de l’année dernière d’abolir les quotas de fonds à collecter auprès du public pour les hauts responsables du parti. L’année dernière, le DPP a réduit de 20% ses effectifs administratifs et réorganisé l’aménagement de ses bureaux pour diminuer la surface utilisée et faire des économies sur le loyer. Autre information notable, les difficultés financières que semble aussi traverser le PFP : il affiche une valeur nette de — 134 millions de dollars et un passif de 144 millions.


VITE, VITE…

ACCUEILLIR LES NOUVEAUX IMMIGRANTS

L’augmentation du nombre des nouveaux immigrants dans l’île, souvent due à des mariages mixtes, est un phénomène relativement récent qui offre matière à débat. Cependant, elle ne cause pas de problème, assurent des experts et des universitaires qui se sont réunis en juillet.Le nombre d’étrangers qui se sont unis à des Taiwanais a dépassé l’an dernier 390 000 personnes — dont 140 000 venues du Sud-Est asiatique et 250 000 de Chine. Ils forment aujourd’hui dans l’île un nouveau groupe, que la société insulaire ne doit pas ignorer. Cette population de conjoints étrangers additionnée aux 330 000 travailleurs employés ici, constitue, par exemple, une communauté nettement supérieure en nombre à celles des aborigènes.

UN VISA MÉDICAL POUR LES COMPATRIOTES D’OUTRE-MER ET LES CHINOIS

Depuis le 1er août, un visa médical est proposé aux compatriotes d’outre-mer et aux Chinois désirant se faire soigner dans l’île. Dix établissements hospitaliers sont habilités à soigner ces « touristes », d’abord dans cinq catégories — la transplantation du foie, la chirurgie plastique ou cardiovasculaire, la procréation artificielle et les prothèses des articulations —, dans lesquelles la médecine taiwanaise est particulièrement renommée. Cette initiative, qui permet de créer environ 3 500 emplois, devrait séduire, dans les 3 années qui viennent, 100 000 personnes qui dépenseront au total quelque 7 milliards de dollars taiwanais. Les investissements privés dans ce secteur, espère-t-on, s’élèveront à 6,8 milliards durant cette même période.

L’EUROPE, UNE DOUBLE ATTRACTION

La présence européenne dans l’île ne cesse de grandir, indique dans un rapport récent la représentation économique et commerciale de l’Union européenne ici, qui souligne aussi que de plus en plus d’insulaires se rendent en Europe. Les Européens résidant à Taiwan seraient plus de 10 000, et il y aurait plus de 400 étudiants venus du Vieux Continent inscrits ici dans des établissements supérieurs, contre seulement une soixantaine il y a 7 ans. La Chambre de commerce européenne compte 620 membres, un chiffre en augmentation de 10% en une année, tandis que 22 des pays membres de l’UE ont ouvert ici un bureau de représentation. Les Taiwanais aussi sont séduits par l’Europe et s’y rendent plus nombreux que jamais, puisque ce sont 330 000 visas pour cette destination qui leur ont été délivrés l’année dernière, soit une hausse de 10% par rapport à 2005. Le nombre des Taiwanais partant étudier en Europe a augmenté de 10% entre 2005 et 2006 pour atteindre 12 000. Plus de 25 000 insulaires étudieraient là-bas.

LES COURANTS MARINS : UNE SOURCE D’ÉNERGIE PROMETTEUSE

L’utilisation de la force motrice des courants marins, en particulier du puissant Kuroshivo, le courant chaud venant du sud, qui longe la côte est de Taiwan, pour générer de l’énergie est actuellement à l’étude. La transformation de la force de ce courant en énergie pourrait produire jusqu’à 1,68 million de MWh d’électricité par an, a assuré en juillet un groupe de travail du ministère de la Planification et du Développement économiques (CEPD). Animé par Chen Fa-lin [陳發林], directeur du Laboratoire de recherches énergétiques et environnementales, sous la tutelle de l’Institut de recherche technologique et industrielle (ITRI), ce groupe d’experts présentera bientôt le résultat de ses travaux. Taiwan pourrait développer des turbines marines fonctionnant sur le modèle de celles qui ont été installées au large des côtes de l’Australie, du Canada, de la Grande-Bretagne ou de la Norvège. Pour réaliser ce projet, Taiwan a délimité une zone de 6 000 km2 entre la côte est du district de Taitung et l’île Verte.

UNE RENCONTRE À TAIPEI POUR LA JEUNESSE MUSULMANE ASIATIQUE

A l’initiative de l’Association des musulmans chinois s’est tenue fin juillet à l’université nationale Chengchi, dans la capitale, une rencontre de quatre jours réunissant environ 80 jeunes musulmans venus de plusieurs pays asiatiques, de la Malaisie au Japon. C’est la première fois qu’a lieu ce genre d’initiative qui devrait par la suite devenir un événement annuel. L’objectif est de promouvoir les contacts et les amitiés entre jeunes de confession musulmane à travers l’Asie et de leur permettre de confronter des expériences très diverses. Le séminaire comprenait plusieurs thèmes, certains plus spirituels, d’autres ayant trait à des questions de géopolitique. Ont aussi été invités à participer diverses personnalités diplomatiques ou hauts responsables de Malaisie, d’Indonésie, du Burkina Faso et d’Arabie saoudite, ont indiqué les organisateurs. Il y a entre 80 000 et 100 000 musulmans à Taiwan, dont plusieurs dizaines de milliers de travailleurs immigrés et d’étudiants en provenance d’Indonésie, en particulier. On dénombre actuellement six mosquées à travers l’île, dont deux à Taipei.

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