Cet article de M. Chang Tai-lin (lire Tchang Taï-linn), docteur de l'Université de Paris I, chercheur associé de l'Institut des relations internationales de l'Université nationale Chengchi de Taipei, a paru dans le numéro de février 1988 de Wen-t'i yu Yen-kieou [問題與研究] (Problèmes et recherches), Taipei (volume 27, no 5).
Traduction : libre.
Les relations directes franco-chinoises remontent au XVIIIe siècle, mais elles n'ont guère été étroites. Aux yeux des Français, l'image politique de traditionnelle s'est présentée de façon peu conforme. Ainsi, Voltaire qualifie le régime politique chinois alors en place « idéal » où, selon lui, le monarque ne saurait exercer un pouvoir absolu. En revanche, Montesquieu et Rousseau considèrent comme un Etat despotique dont le pouvoir repose sur la crainte des sujets.
Vers la fin de la dynastie mandchoue Ts'ing, les relations entre les deux pays devinrent plus tendues à cause du conflit sur la redéfinition de la frontière entre et le Tonkin devenu protectorat français. A la suite de mondiale, en raison des difficultés que affronte en Indochine, d'une part, et de la guerre froide entre les deux Blocs, d'autre part, la politique étrangère des gouvernements successifs de française est restée peu active à l'égard de de Chine, malgré l'occupation de continentale par les forces du parti communiste chinois à partir de 1949.
Au cours des années 60, deux éléments vont modifier cette situation : la détente Est-Ouest qui s'amorce entre les deux superpuissances et le retour au pouvoir du général Charles de Gaulle qui insiste sur une politique d'indépendance nationale française.
C'est dans ce contexte que et de Chine vont mettre un terme à leurs relations diplomatiques. S'en tenant au principe d'« une seule Chine », de Chine se sépare complètement d'avec une quinzaine d'années, les relations entre les deux pays traversent la période la plus noire qu'elles n'ont jamais connue. Mais à partir de 1978, les relations entre les deux nations se renouent assez rapidement. Grâce aux efforts tenaces et soutenus de quelques hommes d'affaires, industriels, négociants et de quelques universitaires et, bien sûr, au succès économique rapide de de Chine.
Cet article se veut présenter brièvement les rapports sino-français depuis 1949, analyser les relations bilatérales actuelles et proposer quelques réflexions pour l'avenir.
Les relations franco-chinoises après 1949
En fait, les relations entre de Chine et se sont détériorées depuis 1949. Il y a deux raisons à cela. L'une est psychologique. Le manque de connaissance des Français sur de Chine et surtout leur préjugé, nourri par l'ouvrage d'André Malraux (1901-1978), écrivain et homme politique, qui vécut quelque temps en Chine. Malraux, dont la pensée engagée est vers les mouvements de gauche, publia en 1933 La condition humaine dans lequel il critiqua vivement la politique du Kouomintang à l'égard du parti communiste chinois. Il se trouvait justement à Changhaï pendant que se déroulait en toute violence la campagne d'épuration des affaires du parti nationaliste. Malraux fut beaucoup plus tard ministre de sous la présidence du général de Gaulle de 1958 à 1969.
Il ressort de ce fait que beaucoup de Français, particulièrement l'élite intellectuelle, prennent leur premier contact avec par cet ouvrage et en tirent souvent une impression toute défavorable à l'égard du Kouomintang. Comme le souligne encore tout récemment M. Guy Sorman dans son ouvrage La nouvelle richesse des Nations,(1) trop de Français sont depuis ce temps influencés par le point de vue de Malraux sur le Kouomintang.
L'autre raison est politique; c'est la rupture des relations diplomatiques en 1964. En 1958, le général de Gaulle est retourné au pouvoir avec l'établissement de Devant la situation nouvelle des relations internationales où le monde entre dans une période de « détente » avec l'abandon de la « guerre froide » par les deux Blocs Est et Ouest, de Gaulle entendit modifier les grandes orientations de la politique française, notamment en matière de Défense et de Relations extérieures avec une touche indépendantiste.(2) Jusqu'en 1962, il est aux prises avec la décolonisation en Afrique et, dès la fin de la crise algérienne, il infléchit d'une main plus ferme sa politique devant les problèmes internationaux d'importance. Comme on l'a vu, dès 1962, dans sa politique de défense de européenne économique (CEE), il rejette le plan de stratégie européenne proposé par les Etats-Unis, en 1963, s'oppose à l'adhésion de dans le Marché commun et, en 1966, se retire militairement de l'OTAN. Entretemps, vis-à-vis du Tiers Monde et des régimes communistes, il fait front à la politique américaine d'aide militaire au Viêt-nam et, en 1964, reconnaît le régime communiste chinois.
Tandis que se préparait à établir des relations diplomatiques avec le régime communiste chinois, le ministre français des Affaires étrangères, M. Maurice Couve de Murville, devant des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale de France, souligna que Paris ne prendrait pas l'initiative de rompre les relations existantes avec de Chine.(3)
Le président de Gaulle avait bien envoyé en secret à Taipei une délégation conduite par le général Pechkoff pour expliquer au président Tchang Kaï-chek la décision et la position française en la matière.(4) Cependant, de Chine, toujours seul représentant légitime de reconnu par l'ensemble des Etats et par les Nations unies où elle siégeait de plein droit, s'en tint à sa politique d'« une seule Chine » et rejeta tout compromis qui aurait pour conséquence d'instaurer une politique des « deux Chines ». En conséquence, elle se voyait dans l'obligation de rompre ses relations diplomatiques avec (5) Dans sa déclaration du 1er février 1964, elle affirmait clairement que cette rupture des relations diplomatiques ne portait aucunement atteinte à l'amitié traditionnelle entre les peuples des deux pays. Néanmoins, les relations sino-françaises sont en fait entrées dans une période pénible et sombre.
[Justement, M. Ding Mou-shih, ministre des Affaires étrangères de de Chine, a tout récemment rappelé que beaucoup de gens croient que de Chine a purement retiré ses ambassades des pays dont le gouvernement établissait des relations diplomatiques avec le régime communiste chinois. Mais il n'en est rien du tout. Et de citer le cas de croit généralement que de Chine a aussitôt fermé et abandonné son ambassade en France sans aucune requête après l'établissement des relations diplomatiques entre et le régime de Pékin, le 27 janvier 1964.
« J'aimerais bien dire que ce ne fut nullement le cas », précise M. Ding Mou-shih. Par respect à notre président, le généralissime Tchang Kaï-chek, le général Charles de Gaulle lui avait délégué peu de temps avant un représentant porteur d'une lettre l'informant que, vu les intérêts nationaux français et la situation politique générale, le gouvernement français se préparait à établir des relations diplomatiques avec le régime communiste chinois et en espérait la compréhension du gouvernement de de Chine.
Par égard aux liens et amitiés qui unissaient de Chine et , le statut de de Chine ne fut pas mentionné dans le communiqué. C'est probablement de là qu'est née la mauvaise interprétation des choses. Depuis, le gouvernement français n'a plus jamais fait mention du statut de de Chine, mais il n’y avait aucune raison de nous retirer ni d'abandonner les lieux. En fait, juste après l'établissement officiel des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, le ministère des Affaires étrangères français convoqua M. Kao Shih-ming, le chargé d'affaires de l'ambassade de de Chine en France, pour lui notifier que, ne représentant désormais plus aucun gouvernement auprès de Paris, il devait quitter l'ambassade. Par la suite, le gouvernement français en fit saisir l'immeuble pour le remettre aux communistes chinois.]
Malgré la signature en mai 1954 d'un accord en vue de la promotion des échanges commerciaux entre les deux pays et, en mars 1963, celle d'un autre accord garantissant les licences et marques de fabrication, les relations économiques entre de Chine et ne sont guère développées. En 1963, les importations de produits français en République de Chine s'évaluaient à 6,6 millions de francs français et les exportations taiwanaises vers à 10 millions de francs français, alors que les exportations de vers continentale s'élevaient à 288 millions de francs français et les importations françaises de produits chinois du continent à 104 millions de francs français.(6)
M. Pierre Cardin dans les rues de Taipei.
Quant à la situation politique, comme les Etats-Unis devenaient de plus en plus influents dans la région et leurs relations avec de Chine de plus en plus importantes, souhaitait pour sa part un renversement des alliances quant à la « question de », aussi adopta-t-elle une altitude assez distante vis-à-vis de de Chine. Cependant, reçut la visite officielle de trois ministres des Affaires étrangères de de Chine, George Yeh Kong-chao en 1957, Huang Shao-ku en 1958 et James Shen Chang-huan en 1963, tandis que cette dernière, de son côté, n'accueillit guère de personnalités politiques françaises.
Pour développer les relations culturelles avec la communauté francophone, l'Association sino-franco-belgo-suisse (ASFBS), fondée en septembre 1956 à Taipei, chercha à étendre la coopération et les échanges dans les domaines économique, technique, culturel et universitaire. C'est dans ces conditions très défavorables que cette association tenta de se frayer un chemin fort difficile.
A partir de 1964, et jusqu'en 1978, les relations entre ces deux pays ont manqué de contacts véritables, hormis les échanges culturels et religieux. Dans les années 60, résidaient sur l'île environ 80 missionnaires catholiques français qui se consacraient à la fois aux activités religieuses et à l'enseignement de la langue française.
Mais, en 1966, quelques hommes politiques et d'affaires français animés de l'amitié envers de Chine, comme MM. Pierre-Christian Taittinger, Jacques Baumel, sénateur, et Michel Junot, président de de Commerce de Paris, fondèrent à Paris l'Association pour la promotion des échanges commerciaux et touristiques avec Taiwan (ASPECT) dans le but de développer les relations culturelles et commerciales entre et de Chine. A part la progression tardive des échanges commerciaux entre les deux pays puisqu'on note de 1972 à 1978 une hausse de 25 millions de dollars américains à 220 millions,(7) on peut dire que les relations Taipei-Paris ont réellement manqué d'activités suivies et de contacts positifs. C'est ce que M. Junot, maire adjoint de Paris et hôte de la ville de Taipei, exprimait justement lors de sa deuxième visite à Taiwan en 1984 : « Il y a quatorze ans, lorsque je suis venu ici pour la première fois, je constatais désagréablement une coupure totale entre et Taiwan à la suite de la rupture des relations diplomatiques. »(8)
Entretemps, le ministère taiwanais des Affaires économiques et le Conseil pour le développement du Commerce extérieur de Chine (CDCEC/CETRA) purent installer en 1976 chacun un bureau à Paris, d'une part, le Centre asiatique de promotion économique et commerciale (CAPEC) et le Service commercial de l'Extrême-Orient (SCEO/FETS).
Peu après, en 1978, créa de son côté l'Association française pour le développement du commerce avec l'Asie (AFDCA) qui établit son bureau à Taipei. Et 1979, l'Association française pour le développement culturel et scientifique en Asie (AFDCSA) avec l'établissement de sa représentation permanente à Taipei semblable à un centre culturel et scientifique. Depuis, à travers ces deux organismes aux vocations différentes, les relations entre et de Chine ont pris une tournure favorable pour devenir de plus en plus actives.
Une rame de métro du système VAL qui circulera bientôt à Taipei.
Par ailleurs, le 15 décembre 1978, le président américain James E. Carter annonça l'établissement de relations diplomatiques avec le régime communiste chinois et en même temps la rupture de celles avec de Chine. Celle-ci traversa alors une période très difficile face à la communauté internationale. Or c'est depuis cette date que les relations dans les domaines commercial, économique, culturel, technologique et même politique entre de Chine et ont amorcé une vigoureuse reprise. Ce changement semble provenir de trois facteurs importants :
1. Le Congrès américain vota peu après (avril 1979) la « Loi sur les relations avec Taiwan » qui autorise les Etats-Unis à installer par l'« Institut américain à Taiwan » des bureaux de représentation nationale, ce qui a particulièrement attiré l'attention des pays européens.
2. A la suite de la rupture des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et de Chine, celle-ci a lancé une politique de promotion de ses relations commerciales avec les pays d'Europe occidentale en vue d'élargir ses débouchés trop longtemps concentrés sur les Etats-Unis.
3. Ces dernières années, l'économie de de Chine a connu une croissance très rapide. Et les Français se sont penchés sur les possibilités du marché taiwanais, surtout dans le domaine technologique, d'autant que les espoirs qu'ils nourrissaient sur l'immense marché de continentale se sont nettement amoindris.
Les relations économiques et commerciales
Parmi les partenaires commerciaux européens de de Chine, se place maintenant en quatrième position, derrière l'Allemagne de l'Ouest, et les Pays-Bas.
D'une manière générale, le commerce taiwano-français fut assez irrégulier. A partir de 1973, la valeur des échanges entre les deux pays a véritablement commencé à croître plus régulièrement. En gros, on peut diviser ce développement en quatre périodes.
— De 1973 à 1979, la valeur totale des échanges commerciaux entre les deux pays s'accroît fortement. Elle passe de 84,9 millions à 311,1 millions de dollars américains.
— De 1980 à 1982, ce commerce enregistre quelque essoufflement de sa trop rapide ascension, n'augmentant que de 383,4 millions à 562,7 millions de dollars américains.
— Pendant les années 1983 et 1984, il décroît quelque peu, baissant à 558,2 millions , puis à 452,2 millions de dollars américains.
— Et depuis 1985, les échanges ont repris leur hausse précédente à un rythme plus soutenu. De 479,4 millions de dollars américains en 1985, il augmente jusqu'à près de 750 millions en 1986 et à plus de 1,2 milliard de dollars américains en 1987. Cette année ne semble pas connaître de ralentissement dans cette progression.
D'autre part, au cours de cette même période, on note un excédent en faveur de de Chine, à l'exception des années 1982 et 1983, à cause de l'achat de quatre Airbus, et de 1985 qui marque un léger déficit.
La IIIe Conférence sur la Coopération économique taiwano-française s'est tenue en 1986 à Taipei.
Dans l'ensemble, les principales marchandises de Taiwan exportées vers sont de l'appareillage et équipements électriques, des produits en matière plastique et en caoutchouc, de l'outillage métallique, des produits mécaniques et des textiles. L'importation de denrées françaises est principalement des produits chimiques, des biens d'équipement et machines, de l'appareillage et équipements électriques, des appareils de transport, des tabacs et alcools, des instruments de précision.
Au-delà de statistiques commerciales significatives mais assez abstraites, il convient d'ajouter que ces dernière années, plusieurs événements ont marqué l'évolution des attitudes d'une manière beaucoup plus concrète. On notera ainsi,
— l'achat d'Airbus. En vue de diversifier ses débouchés et de renforcer ses liens avec le monde occidental, nationale de l'aviation civile de de Chine a commandé en 1980 et 1981 quatre appareils de type Airbus à de tels achats n'était pas sans espoir de retour. En effet, de Chine souhaitait en même temps un geste de qui lui aurait permis d'obtenir des droits d'atterrissage à Paris et autres aéroports de France pour la compagnie aérienne de de Chine, les China Airlines. Bien que cet objectif de de Chine n'ait pas pu recevoir l'entière approbation du gouvernement français, cette politique d'achat qui a tout de même réussi à renforcer les rapports Taipei-Paris a grandement accru la crédibilité entre les deux pays.
— l'accord avec pour la fourniture de carburant nucléaire. En 1984, l'Electricité de Taiwan (Taï-Tien) a signé avec un accord de coopération de 15 ans pour l'alimentation de ses centrales électro-nucléaires. Durant cette période contractuelle, s'engage à fournir aux centrales nucléaires de Taiwan du carburant raffiné d’uranium enrichi à 30%.(9)
— l'accord avec l'Institut Pasteur pour l'achat de vaccin contre l'hépatite virale B. En 1984, le Centre de recherches biologiques [de ] de Chine et l'Institut Pasteur de France ont signé un accord de coopération. D'une part, il comprend la coopération entre les deux établissements pour la fabrication à Taiwan du vaccin contre l'hépatite virale B; d'autre part, l'institut français fournira dans les 30 mois à venir 1 million d'ampoules de ce vaccin contre l'hépatite B.
Par ailleurs, dans le domaine financier, cinq banques françaises, nationale de Paris (BNP), de Paris et des Pays-Bas (Paribas), le Crédit lyonnais, générale, et , ont l'une après l'autre installé une agence ou un bureau de représentation à Taipei. Et, de son côté, internationale commerciale de [ de] Chine (BICC/ICBC) a établi une agence à Paris. Cela a fortement encouragé les rapports entre de Chine et à devenir encore plus étroits dans divers domaines.
En plus de ces mouvements d'attitude dans les relations économiques et commerciales, furent instituées des réunions de travail annuelles sur la coopération économique taiwano-française servant de force motrice du développement des rapports entre les deux pays. En effet, en mai 1984, le Conseil national du patronat français (CNPF) regroupant plus de 250 entreprises et organismes financiers français et l'Organisation pour le commerce euro-asiatique (OCEA/EATO) créèrent le Comité de coopération économique et industrielle des entreprises de France et chinoises de Taiwan dont la présidence est assurée par M. Pierre Aigrain, conseiller technologique auprès du Premier ministre taiwanais, M. Yu Kuo-hwa.
Ce comité organise donc chaque année alternativement à Taipei et à Paris une réunion de travail sur la coopération économique et industrielle entre de Chine et , permettant aux deux pays de collaborer plus étroitement dans les domaines commercial et technologique.
tenue à Paris le 12 mai 1987 était conjointement présidée par MM. Aigrain et Chang Kwang-shih, président du Conseil pour le développement du Commerce extérieur de Chine (CDCEC/CETRA). A l'issue de la conférence, les deux délégations ont fait une déclaration commune, soulignant la nécessité de déployer tous les efforts pour le renforcement de la coopération taiwano-française qui a si bien démarré.(10)
En novembre de la même année, une importante délégation sous la conduite du ministre taiwanais des Affaires économiques, M. Lee Ta-hai, s'est rendue à Paris pour rencontrer les responsables des milieux commercial et industriel français. Les entretiens ont notamment porté sur les biens d'équipement industriels, l'industrie pétrolière, l'industrie légère, les secteurs du commerce extérieur et des services, l'ingénierie et la construction de base. Dans le même temps, elle effectuait un achat de 15,9 millions de dollars américains de produits français.(11)
La langue française fait l'appréciation des jeunes Taiwanais.
Les échanges universitaires et culturels
Les relations culturelles entre et ont une longue histoire. En 1875, sous la dynastie mandchoue Ts'ing, le gouverneur de la province du Kiangsou, Chen Pao-tchen [沈葆楨], envoya quelques jeunes gens en France pour étudier les sciences de la navigation maritime. C'était la première fois que impériale envoyait des étudiants en Europe.(12)
Après 1949, la situation internationale s'est profondément modifiée. Les échanges culturels entre ces deux pays s'étaient dégradés, et du fait de la rupture des relations diplomatiques entre de Chine et , ils n'ont pu se réaliser que grâce à chinoise auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'Education, et (UNESCO) à Paris. Mais, cela ne dura pas longtemps. En 1971, de Chine fut contrainte de quitter l'Organisation des Nations unies et ses agences spécialisées, portant un coup très grave aux relations culturelles taiwano-françaises, déjà bien compromises.
Et jusqu'en 1976, lors de l'établissement d'un bureau à Paris du Service des Affaires culturelles du ministère de l'Education de de Chine, voire en 1980, lors de l'installation du centre culturel français à Taipei, les relations culturelles taiwano-françaises ont traversé une période sombre. Maintenant, avec le centre culturel français à Taipei, chargé de développer les échanges culturels et universitaires, la situation s'est nettement améliorée.
D'après les statistiques, à la fin de l'année 1987 on comptait à Taiwan 160 étudiants français, principalement en langue chinoise. Et généralement, les Français reconnaissent que le niveau des études du chinois est bien meilleur à Taiwan qu'en Chine continentale. D'autre part, il y a 400 à 500 étudiants taiwanais en France, notamment en lettres, droit et politique, beaux-arts et musique. Depuis 1980, le centre culturel français de Taipei offre chaque année quatre bourses d'études à des étudiants en musique, leur permettant d'approfondir cette discipline en France.
En 1983, est fondé à Paris le Cercle universitaire d'Extrême-Orient qui se propose de fournir tous les renseignements pratiques aux étudiants de de Chine en France, de les aider dans les difficultés administratives ou autres et d'organiser à leur intention des activités culturelles (concerts, séminaires, sports). Cette institution s'est révélée d'une grande utilité, car elle facilite justement le contact des étudiants taiwanais en France et permet aux Français de mieux comprendre la culture chinoise.
Le centre culturel français de Taipei, depuis sa fondation, a beaucoup contribué à l'enseignement de la langue française à Taiwan. En 1982, il a organisé un cours télévisé de français avec le concours de l'Université normale nationale de Taiwan. Par son aide, L'Alliance française de Paris et l'Université normale nationale de Taiwan ont créé en novembre 1984 un centre de langue française sous le nom de L'Alliance française de Taipei. Ce centre a aussitôt dispensé des cours de français à tous les niveaux, non seulement pour les étudiants mais également pour ceux qui s'intéressent à la culture française. En 1986, environ 500 étudiants suivaient les cours de français au centre de langue française. Sous la tutelle du ministère taiwanais de l'Education et celle d'une commission ad hoc de d'Etat aux Sciences de de Chine et du centre culturel français de Taipei, L'Alliance française de Taipei a organisé deux grands colloques nationaux sur l'enseignement du français à Taiwan, auxquels ont participé des professeurs de français des grands établissements universitaires de l'île et 80 professeurs venus de France.
En 1985, de danse folklorique de de Chine a participé au concours international de danse folklorique qui s'est tenu à Dijon (France) où elle a brillamment remporté le second prix. Puis, elle présenta plusieurs programmes lors d'une grande tournée en France et en Belgique.
En 1986, un groupe des Amitiés de de de Chine a commencé ses tournées annuelles en Europe. Tous ces mouvements ont non seulement atteint les communautés taiwanaises d'Europe, mais ont aussi redéfini la place de de Chine sur la scène internationale dans la promotion des échanges culturels.
Les échanges universitaires, également, se sont puissamment accélérés ces dernières années. En février 1985, l'Université nationale de Taiwan et l'Université de Paris I (Sorbonne) ont signé un accord d'échanges d'enseignants et d'étudiants ès humanités, en droit, philologie, histoire et sociologie, qui prévoit aussi la recherche conjointe avec la participation aux réunions de travail internationales dans ces matières.(13) Un autre événement important, l'Institut des relations internationales de l'Université nationale Chengchi de Taipei organise chaque année depuis 1984 avec la collaboration de l'Université de Paris-Sorbonne et le Centre français de documentations sur contemporaine et d'autres établissements européens de recherches une conférence scientifique taiwano-européenne tenue tour à tour à Taipei et les grandes villes d'Europe pour développer les contacts taiwano-français et taiwano-européens entre les universitaires et chercheurs des deux parties. Cette année, scientifique taiwano-européenne a lieu en septembre à Taipei.
Vers des relations politiques substantielles
En raison de l'absence des relations diplomatiques entre de Chine et , les contacts politiques taiwano-français ont été extrêmement limités pendant plusieurs années. Cependant, ces tout derniers temps, le développement politique et économique de de Chine a reçu l'acclamation du monde entier pendant que les efforts menés pour renforcer ses relations avec les pays européens étaient couronnés de succès, comme en témoigne l'amélioration des rapports politiques taiwano-français. Bien entendu, les responsables du gouvernement français dans leurs déclarations officielles sont, à l'égard de de Chine, encore feutrées. L'ancien ministre des Relations extérieures français, M. Claude Cheysson, lors d'une visite à Pékin en août 1982, interrogé sur la position de Paris vis-à-vis de Taipei, répondait que la longue immobilité de la position française en la matière — Paris, reconnaissant Pékin, n'entretient pas de relations diplomatiques avec Taipei — n'avait pas lieu d'être modifiée. Le 21 octobre 1985, son successeur, M. Roland Dumas, à une interpellation de M. Jacques Genton, sénateur, confirmait ouvertement les propos de son prédécesseur. En revanche, sur le plan pratique, l'attitude du gouvernement français s'est nettement amélioré comme on peut en juger par les quelques événements suivants.
1. Assainissement des formalités de visa.
Vers 1976 encore, l'obtention d'un visa pour exigeait de longues démarches compliquées. L'attente d'un simple visa d'étudiant variait de six mois à un an. Il convient de signaler qu'en 1978, de de Chine s'est vue refuser le visa français pour pouvoir participer au Congrès mondial de l'Association internationale de Gymnastique organisé cette année-là à Strasbourg. Ce cas assez significatif interdit alors à la délégation taiwanaise toute participation à ce congrès.
Depuis 1980 environ, grâce aux appels et à l'aide de quelques amis français de de Chine, ce problème s'est engagé vers une voie meilleure. En 1984, le ministère français des Affaires étrangères (Relations extérieures) délégua au consulat général de France à Hongkong l'autorisation de délivrer directement le visa aux ressortissants de de Chine. Cette mesure a grandement réduit les formalités fastidieuses en vue de l'obtention du visa français. Et depuis août 1985, le centre culturel et le bureau de représentation commerciale français de Taipei étaient habilités à recevoir les demandes et à remettre les visas obtenus. Cette décision témoigne de l'amélioration des relations entre les deux pays. Il convient de souligner que est le seul des pays européens qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec de Chine à remettre le visa pour directement au requérant taiwanais à Taipei.
2. Elévation des contacts taiwano-français.
D'une manière générale, les responsables du gouvernement et les élus nationaux de de Chine en visite en France n'avaient jamais officiellement eu de contacts avec les hommes politiques français d'importance. Ce phénomène a donc empêché un rapprochement politique naturel entre les deux pays. Heureusement, cette situation s'est un peu modifiée depuis quelque temps.
Une délégation de députés au Yuan législatif et à l'Assemblée nationale de de Chine au cours d'une visite d'observation en Europe fut invitée en France à une réception au Sénat français. Un peu plus tard, en février 1985, le président de l'Assemblée municipale de Taipei, conduisant une délégation de la municipalité de cette ville, fut cordialement accueillie par le Conseil municipal de Paris. Peu après, le président du Sénat français, M. Alain Poher, a reçu le 19 juin 1985 au Palais du Luxembourg à Paris la délégation de de Chine, d'une quarantaine de personnes qui venaient participer à sur la coopération économique entre les deux pays. A cette réception, M. Poher a notamment déclaré dans son discours d'accueil : « Nous avons le grand honneur d'accueillir la délégation de [ de Chine à] Taiwan et avons le plaisir de constater le renforcement des relations entre nos deux pays. »(14) Bien que cette phrase n'ait en soi aucune signification précise, elle manifeste néanmoins la nouvelle attitude des hommes politiques français de haut rang à l'égard de de Chine.
En un peu plus de six ans, de 1982 à septembre 1987, environ 55 groupes comprenant 204 personnalités politiques françaises se sont rendus en République de Chine à Taiwan. Si ces nombres n'ont guère augmenté, on note cependant une élévation de l'importance ou du rang politique de ces visiteurs. En 1982, un seul sénateur est venu à Taiwan; en 1984, une délégation du Conseil municipal de Paris, un groupe de suppléants au Parlement, et plusieurs autres parlementaires sont tour à tour accueillis à Taipei.
En 1985, le président du groupe des Amitiés avec de Chine au Sénat français, M. Jacques Genton, et cinq autres sénateurs effectuent une visite à Taiwan qui a eu une portée notable sur les liens politiques entre les deux pays.
Les conteneurs de la grande compagnie maritime taiwanaise Evergreen sillonnent maintenant les routes de France...
En avril 1986, M. Jean François-Poncet, ancien secrétaire général de la présidence de française et ancien ministre des Affaires étrangères, aujourd'hui sénateur, fut invité à Taiwan. Il y souligna que commençait à tourner les yeux vers la région Asie-Pacifique, aussi les relations entre elle et de Chine auraient beaucoup à faire à l'avenir dans les domaines de la coopération économique, les tranferts de technologie et les échanges culturels.(15) En juillet de la même année, le vice-président de cette association sénatoriale française, M. Michel Alloncle, à la tête d'un groupe de quatre membres, dont notamment le vice-président de la commission sénatoriale aux Affaires étrangères, aux Armées et à nationale, M. Pierre Matraja, arriva à Taiwan. Tous ont exprimé l'admiration grandissante et l'intérêt particulier des parlementaires français envers de Chine.
En mars 1987, la délégation de à et aux Echanges de l'Assemblée nationale française, composée de sept membres et du maire de Lyon, un vieil ami de de Chine, M. Francisque Collomb, et de leur épouse, fut cordialement accueillie à Taipei. Un peu plus tard, au mois de mai, Mme Edith Cresson, ancien ministre français du Commerce extérieur, actuellement député socialiste,* fut également invitée. Avant de quitter le pays, elle a déclaré être vivement impressionnée par la sympathie du peuple, le succès économique et la stabilité sociale de de Chine à Taiwan.(16)
Tous ces déplacements de personnalités françaises ont fortement contribué à approfondir la connaissance et la compréhension de de Chine en France, et notamment dans les milieux responsables.
3. La perception du rôle de de Chine par le gouvernement français.
Comme on le sait bien, les pays de la région du Pacifique-Nord jouent un rôle de plus en plus important dans le monde, non seulement dans le domaine économique mais aussi stratégique. Le 15 octobre 1986, le Conseil économique et social de France a remis au Premier ministre français, M. Jacques Chirac, un rapport, Le rôle de dans le Pacifique-Nord, préparé par M. Jacques Machizaud, rapporteur au Conseil, puis publié par le gouvernement français dans le Journal officiel.(17) L'auteur fait l'analyse de la situation intérieure et les potentialités économiques de chaque pays de la région Asie-Pacifique (Brunéi, du sud, Hongkong, l'Indonésie, , les Philippines, de Chine à Taiwan, Singapour et ) et suggère d'une manière générale que le gouvernement français, pour surmonter la défaite du passé en Indochine, doit reconsidérer avec optimisme sa position et renouer des relations plus étroites avec tous ces pays du Pacifique-Nord.
A l'égard de de Chine, il est nécessaire que mène une politique beaucoup plus souple en renforçant ses relations politiques et économiques avec celle-ci. Il est toutefois bien précisé que le développement des relations entre Paris et Taipei ne saurait avoir aucune conséquence entre Paris et Pékin.
Perspectives taiwano-françaises
Tous les Taiwanais qui s'intéressent à l'Europe savent bien que les relations entre de Chine et l'Europe occidentale n'ont pas été de toute excellence il n'y a guère si longtemps. A cela, il apparaît deux raisons majeures.
La première est d'ordre géographique et humain. L'Europe est très éloignée de l'Extrême-Orient, aussi n'est-il pas facile d’établir des liens étroits; de plus, l'Europe occidentale se compose d'une vingtaine d'Etats ayant chacun sa langue, sa culture et son système politique. Cette multiplicité de mœurs en rend la compréhension plus difficile et exige une nécessaire adaptation. A l'éloignement naturel, s'ajoute entre les deux régions le fossé culturel.
La seconde est d'ordre politique. Depuis une quinzaine d'années, aucun Etat européen, à part le Vatican, n'a conservé de relations diplomatiques avec de Chine. Cette absence de liens officiels a beaucoup entravé les rapprochements et les contacts.
Dans ces circonstances confuses, s'est créée en République de Chine une fausse interprétation des faits. On a aisément cru, politiquement et économiquement parlant, à la « puissance des Etats-Unis et du Japon » omniprésents et à la « faiblesse de l'Europe » absente. Pourtant, comme nous venons de le mentionner, de grands changements sont apparus ces derniers temps. D'une part, le monde a pris acte du progrès économique et politique de de Chine qui n'a cessé d'accroître ses relations substantielles avec l'Europe. Or qui occupe une place très importante en Europe, eu égard à l'histoire, la culture ou les forces armées et la défense, ainsi qu'à d'autres domaines aussi importants, peut donner nombre d'exemples à de Chine. Aujourd'hui, celle-ci dispose à Paris de trois bureaux de représentation aux vocations spécifiques : l'ASPECT pour les questions politiques, culturelles et touristiques, le CAPEC pour les questions d'ordre économiques et le SCEO (ou Far East Trade Service) pour les affaires commerciales entres les deux pays. Ces organismes contribuent activement au développement des relations taiwano-françaises.
Les orientations possibles des relations taiwano-françaises sont doubles :
Les décisions politiques taiwanaises à l'égard de l'Europe doivent tenir compte pour chaque pays européen de ses différences et ses particularités, notamment sa situation, sa langue, sa culture et ses lois et usages.
C'est la formation active d'une élite francisante. En effet, de Chine et possèdent l'une et l'autre une longue histoire et un sentiment puissant de posséder une culture traditionnelle qui veut se maintenir face à la culture anglo-américaine trop envahissante. C'est pourquoi, dans le cadre d'une politique à long terme, la formation d'un personnel d'élite dans les domaines diplomatique et économique, sans devoir négliger les connaissances technologiques spéciales, avec une excellente maîtrise de la langue française, sera assurément bénéfique au développement des relations taiwano-françaises.
D'une manière générale, le climat actuel est tout prometteur de l'avenir des relations taiwano-françaises qui ont toutes les chances d'être brillantes. Comme le décrit M. Ricardo Paseyro, dans son dernier ouvrage, Taiwan, clé du Pacifique, de Chine est non seulement une puissance économique mondiale, mais aussi un bastion inébranlable du monde libre dans la région du Pacifique : « C'est pourquoi, le renforcement des relations entre de Chine à Taiwan et est d'un intérêt mutuel supérieur. »(18)
La « Semaine de France » aux couleurs du pays dans un grand magasin de Taipei est un ambassadeur d'importance en République de Chine.
Un métro français à Taipei
La ville de Taipei a signé avec la société française de matériel de transport Matra un contrat d'achat de 273 millions de dollars américains d'équipements et services destinés à la ligne de métro Moutcha-Songchan [Mucha-Sungshan], une du Réseau express de transports en commun de Taipei.
L'accord a été signé le 14 juillet 1988 par MM. Benjamin Chi, directeur du Réseau express de transports en commun de Taipei, et A. Nicolaidis, directeur général de la société Matra. Le contrat comprend l'achat de cinquante et une rames avec leurs systèmes de conduite et de contrôle, la construction de la ligne longue de 11, qui relie le sud de la ville, la station du Nouveau Jardin zoologique de Moutcha, au nord de Taipei, la station de l'Aéroport de Songchan. Les travaux commencent dès septembre 1988 pour se terminer vers la fin de 1991 avec la mise en service de la ligne.
* Mme Edith Cresson a été nommée ministre des Affaires européennes dans le gouvernement Rocard le 13 mai 1988.
Notes de l'auteur
(1) Guy Sorman, La nouvelle richesse des Nations, Fayard, Paris, 1987 (p.229). « Je tiens André Malraux pour responsable de la mauvaise réputation du Kouomintang. C’est lui qui a créé dans La condition humaine l'archétype de l'intègre militant en opposition avec les forbans du Kouomintang. Nous avons appris depuis lors que le parti communiste chinois n'était pas l'idéal, mais nous n'avons pas révisé notre jugement sur le Kouomintang. Bien à tort, car celui-ci a évolué aussi rapidement que l'économie taiwanaise. »
(2) Cf. Chang Tai-ling, La politique étrangère de sous (en chinois), in Wen-t'i yu Yen-kieou. Taipei, mai 1987 (pp.44-56) .
(3) Le Monde, Paris, 24 janvier 1964.
(4) Jacques Guillermaz, Le généralissime, tel que je l'ai connu, in Le Monde, Paris, 1er avril 1985.
(5) Ibidem, 14 février 1964.
(6) Les relations franco-chinoises 1945-1973, in Notes et études documentatres, française, no4014-4015, Paris, 1975 (pp.48-49).
(7) Les statistiques mensuelles d'importations et d'exportations, Département des statistiques, ministère des Finances, 20 septembre 1987.
(8) Les Echos de de Chine, Taipei, 1er février 1984.
(9) Le Monde, Paris, 9 novembre 1984.
(10) Tchang-yang Je-pao, Taipei, 14 mai 1987.
(11) Ibidem, 29 novembre 1987.
(12) Y. C. Wang, Les intellectuels et l'Occident, 1872-1949 (The intellectuals and the West, 1872-1949), Chapel Hill, , 1966 (p.45).
(13) Tchong-kouo Che-pao, Taipei, 1er février 1985.
(14) Ibidem, 20 juin 1985.
(15) Tchang-yang Je-pao, Taipei, 12 avril 1986.
(16) Ibidem, 23 mai 1987.
(17) Journal officiel, no21, Paris, 9 décembre 1986.
(18) Ricardo Paseyro, Taiwan, clé du Pacifique, P.U.F., Paris, 1986 (pp.202-206).
NDLR. : Pour une meilleure compréhension des relations taiwano-françaises, nous reproduisons les recommandations du rapport du Conseil économique et social au gouvernement français.
« Compte tenu du développement économique de Taiwan et de l'évolution technologique en cours, la présence économique française dans ce pays pourrait être renforcée suivant deux axes :
l'un amplifierait les résultats déjà obtenus en matière de ventes de demi-produits (produits et composants chimiques, aciers spéciaux, etc.), et développerait davantage les fournitures de biens d'équipement spécialisés à l'industrie qui suit une mutation permanente;
l'autre aurait pour objet, par des co-investissements, la participation des entreprises françaises aux nouvelles orientations du secteur industriel et au redéploiement technologique qui s'amorce. Une telle politique s'inscrirait dans des stratégies d'entreprises visant à développer leur présence en Asie et dans le Pacifique, utilisant ainsi Taiwan comme porte d'entrée à cerre région. En effet, des opportunités existent alors que Taiwan, comme du sud et d'autres pays de la région, souhaite s'affranchir d'une relation trop exclusive et trop dépendante avec les Etats-Unis.
Par ailleurs, bien que les programmes soient maintenant réduits, un certain nombre de grands projets sont en cours ou à venir (métro de Taipei, quatrième centrale nucléaire, extension du port de Taïtchong, extension de l'aéroport de Kaochiong), auxquels s'ajoutent des projets dans le domaine hospitalier et dans celui des infrastructures urbaines « lutte antipollution, sécurité, traitement des déchets. » )