Le bleu cristallin du ciel après une pluie torrentielle
Les vagues qui viennent lécher le rivage, au rythme de mon cœur
Une sérénité d’un vert émeraude
Qui m’enveloppe
Encore et toujours.
Dans leur langue, les habitants de l’île des Orchidées (Lanyu) appellent celle-ci Pongso No Tao – l’île des humains. Mais à Pongso No Tao, ce n’est pas la présence humaine qui est la plus frappante...
La mer est imposante, sa couleur bleue est imposante. On ne peut pas s’y soustraire. Et en signe d’amour pour l’immensité bleutée, les Tao ont laissée intacte une barrière de corail qui cercle l’île.
Les montagnes aussi sont majestueuses. Non loin du rivage, leur silhouette se découpe à l’horizon et se dressent avec assurance, dominant fièrement l’eau et les villages…
La nuit, c’est la voûte céleste et le bruissement de la faune locale qui referme son emprise sur l’île, bannissant toute activité humaine, imposant son rythme et sa présence, forte, sur cette langue de terre…
En donnant le nom d’« île aux humains » à leur terre natale, les Tao n’ont pas voulu signifier qu’elle leur appartenait, mais que l’île les avait tout simplement acceptés. Une île avec des êtres humains, présents mais pas maîtres d’elle…
C’est la raison pour laquelle, après avoir coupé un arbre, ils en plantent immédiatement un autre. C’est aussi pourquoi ils ne mangent rien de ce que leurs ancêtres ne leur ont pas permis de cueillir et de pêcher. Pour chaque poisson volant qui sèche au soleil sur la plage, d’autres nagent en paix dans la mer.
Nous, les êtres humains, ne devrions pas imposer notre présence à la nature. C’est la leçon que les Tao transmettent depuis des générations, et la Terre, reconnaissante, les enveloppe de la beauté époustouflante de l’immensité bleutée de la mer, du vert émeraude d’une végétation luxuriante, sur la plus belle île qu’il soit donné de rêver…
Le canoë de Lanyu est un cadeau des collines. On trouve de moins en moins d’artisans capables de le construire dans les règles de l’art.