Réagissant aux récentes déclarations du président américain Donald Trump après sa rencontre avec le dirigeant chinois Xi Jinping [習近平], le président Lai Ching-te [賴清德] a noté, le 17 mai dans un message posté sur Facebook, que le gouvernement américain, par la voix notamment du président Trump et du secrétaire d’Etat Marco Rubio, avait réaffirmé à plusieurs reprises que la politique des Etats-Unis à l’égard de Taiwan demeure inchangée.
« Je tiens à remercier le gouvernement américain pour son attention constante portée à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taiwan et pour son soutien à Taiwan », a déclaré le chef de l’Etat en approfondissant plusieurs points explicités la veille par la porte-parole de la présidence de la République, Karen Kuo [郭雅慧].
Premièrement, le maintien du statu quo de paix et de stabilité dans le détroit de Taiwan et dans la région constitue la position constante et ferme de la République de Chine (Taiwan) et fait l’objet d'un large consensus parmi ses 23 millions d'habitants, a déclaré le président. « Taiwan ne provoquera ni n’aggravera aucun conflit, mais ne renoncera pas non plus à sa souveraineté et à sa dignité nationales, ni à son mode de vie libre et démocratique », a-t-il martelé.
Deuxièmement, c’est la Chine qui est la cause profonde de l’instabilité régionale, a souligné Lai Ching-te.
« La menace militaire croissante de la Chine est le seul facteur de déstabilisation dans la région indopacifique, y compris le détroit de Taiwan, avait affirmé la veille Karen Kuo. Cette menace explique principalement pourquoi les pays riverains de la première chaîne d’îles collaborent activement avec les Etats-Unis pour renforcer leurs capacités de défense, et Taiwan ne saurait faire exception. »
Troisièmement, le maintien du statu quo inclut celui de la République de Chine (Taiwan), et la prétendue question de l’« indépendance de Taiwan » ne se pose donc pas, a expliqué Lai Ching-te.
Le chef de l’Etat a réitéré son attachement à un système constitutionnel libre et démocratique, au principe selon lequel la République de Chine (Taiwan) et la République populaire de Chine ne sont pas subordonnées l’une à l'autre, au principe de l’inviolabilité de la souveraineté, et au principe selon lequel l’avenir de la République de Chine (Taiwan) doit refléter la volonté du peuple taïwanais. « Nous sommes disposés à promouvoir des échanges et un dialogue sains et ordonnés avec la Chine, dans le respect de l’égalité et de la dignité », a assuré le président.
Quatrièmement, la coopération sécuritaire et les ventes d’armes entre Taiwan et les Etats-Unis sont des éléments clés du maintien de la paix et de la stabilité régionales, a souligné Lai Ching-te.
« Taiwan continuera d’approfondir sa coopération avec les Etats-Unis afin que la paix et de la stabilité dans le détroit de Taiwan ne soient ni menacées ni compromises, ce qui sert les intérêts communs de Taiwan, des Etats-Unis et de la communauté démocratique internationale », avait indiqué Karen Kuo, en notant que les ventes d’armes à Taiwan témoignent non seulement de l’engagement américain en matière de sécurité envers Taiwan, tel que stipulé dans la Loi sur les relations avec Taiwan (Taiwan Relations Act, TRA), mais constituent également un mécanisme de dissuasion face aux menaces régionales.
Cinquièmement, Taiwan représente un intérêt mondial fondamental, et la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan ne seront jamais sacrifiées, a insisté Lai Ching-te. « Taiwan ne sera pas sacrifié ni marchandé », a-t-il assuré.
Dans un communiqué publié le 16 mai, le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs salué le soutien indéfectible à la sécurité de Taiwan et à la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan apporté récemment par des membres du Congrès américain, tant républicains que démocrates. Ce soutien se traduit notamment par la réaffirmation du TRA et des Six assurances données à Taiwan, témoignant de la politique américaine constante et de longue date à l’égard de Taiwan, ainsi que par un soutien public à la poursuite des ventes d’armes à Taiwan et au renforcement de ses capacités d’autodéfense, souligne le ministère.
Le ministère a cité en particulier les déclarations du président de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Mike Johnson, de membres éminents de la commission des Affaires étrangères du Sénat, dont la sénatrice Jeanne Shaheen et le sénateur républicain John Curtis, ainsi que de membres de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, dont Gregory Meeks et Michael McCaul.